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 Une légende oubliée

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Eryl

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MessageSujet: Une légende oubliée   Ven 5 Juil - 1:21

Etrange, à l'époque la plus propice aux légendes, où les dieux ont fait naître les héros, les nymphes, les harpies, qu'un tel conte ait été ainsi oublié. On l'appelle la dryade du bosquet ou encore la nymphe du givre... Quelle que soit sa nature réelle, esprit de la nature ou divinité mineure, nul n'avait jusqu'ici songé au lien qu'elle avait tissé en son domaine, mystérieux et discret.
Jusqu'à ce que la curiosité d'un jeune homme ne la fasse revenir à la mémoire de quelques hommes. Parlant de lynx, un érudit s'était souvenu d'un ancien manuscrit sur les prédateurs, qui les présentait comme une incarnation de l'Hiver sur la terre. Il ne faisait nulle mention d'enfant né de cette union sacrée, ni de quelque rencontre avec un mortel. Il n'y avait en réalité sur ce parchemin que quelques lignes décrivant la nature éphémère et volatile de cet être semblable à la neige. Une telle réserve ne pouvait qu'expliquer pourquoi les habitants même du Bosquet ignoraient jusqu'à son existence. C'en était même à se demander comment une personne, aussi instruite fût-elle, avait pu récolter ces quelques maigres informations...

En quittant la Bibliothèque, le jeune lynx avait encore plus d'interrogations qu'avant d'y être entré. Il se savait spécial. Ce n'était certainement pas donné au commun des mortels de pouvoir changer de forme, adoptant l'instinct animal comme une arme. Il s'était jusqu'ici contenté d'être ce garçon sauvage et distant, mais cela ne lui suffisait plus. Parcourir le monde n'avait de sens que s'il découvrait également qui il était, ce qu'il était, et s'il avait un rôle à jouer. Sans que son visage ne montre le moindre signe du tumulte qui agitait des pensées dont la profondeur lui échappait, il errait dans la ville, comme si le symbole d’Apollon pouvait éclaircir ses idées.
Le jeune homme n'était pas du genre à méditer, ni à s'assoir dans un coin pour réfléchir longuement. Cette démarche lui était étrangère, il avait toujours vécu en profitant du jour présent, remerciant le ciel pour ce qui lui était offert. Se rendre dans la Bibliothèque avait peut-être été une mauvaise idée, soulevant des questions qui resteraient sans réponses, mais le tourmenteraient à jamais. Il ne se laissait pas facilement abattre pour autant, et laissait simplement ses pas vider son esprit, sans que ses yeux admirent réellement ce qu'ils contemplaient.

Des personnes commençaient à le regarder. Le jeune homme en avait l'habitude, même sur son propre terrain, et n'y avait pris garde jusqu'ici. Mais cette attention se faisait insistante, et il finit par s'arrêter, détaillant ces inconnus de son regard glacé, plus intrigué par leur comportement qu'agressif. L'interprétation faite de sa propre attitude fut visiblement faussée, car les regards se détournèrent sous l'examen de fauve qu'il leur imposait.
C'est une fois redevenu presque anonyme au milieu de cette foule qui déambulait, qu'il comprit. Ce n'était pas réellement son apparence qui avait interpellé les badauds, mais le chemin qu'il avait parcouru pour arriver jusqu'ici. Son visage leur était devenu familier, à force de passages. Il se trouvait devant le sanctuaire panhellénique. Et il était passé au devant du temple de nombreuses fois, trop absorbé dans sa réflexion pour s'apercevoir... qu'il tournait en rond.

Ses pupilles fendues se fixèrent sur le lieu et ceux qui allaient et venaient tout autour, comme un prédateur à l'affût. Puis, il recommença à marcher. Sans laisser place à l'hésitation, il avança, cette fois, droit vers le lieu sacré. C'était tout comme si une voix s'infiltrait dans son esprit pour le guider. Il n'en avait pas réellement conscience, mais comprenait que même s'il avait mis longtemps à s'en rendre compte, sa venue devant le Temple n'était pas le fruit d'une coïncidence. Ses pas, dont il avait laissé la direction au hasard, l'avaient mené ici. Ils avaient été sciemment dirigés. En conséquent, le hasard devenait destin, et la coïncidence, présage.
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Eryl

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MessageSujet: Re: Une légende oubliée   Mar 9 Juil - 18:21

Sa déduction se confirmait. Le Temple était ouvert, ils étaient le septième jour du mois. Maintenant proche de l'entrée, il ressentait tout le mystère de ce lieu. Il put observer à loisir le manège de ceux qui prétendaient savoir qui avait le droit de consulter l'oracle. Son tour arriva, et les prêtres le firent avancer, comme tant de personnes avant lui. La candidature de celui qui le précédait avait été rejetée, et la décision divine ne pouvait être contestée. Le rituel ne tarda pas à se remettre en branle, et on amena une chèvre au devant de lui. Il ferma les yeux, refoulant la tension propre au prédateur qu'il ressentait à cet instant. Quelqu'un prit sa main et la posa sur la tête de l'animal. Le contact fut bref, mais était largement suffisant. La biquette se mit à trembler instantanément, avant même que l'eau soit versée sur elle. Elle semblait clouée sur place, incapable de bouger une patte. Le prêtre y vit un signe divin fort et ordonna à ses semblables de laisser passer ce pèlerin exceptionnel en priorité. Apollon en avait décidé ainsi, le jeune homme était des rares élus à obtenir une entrevue, et celle-ci se voyait précipitée par le caractère extraordinaire de sa sélection.

Le jeune homme fut conduit dans les profondeurs du temple. Arrivés à destination, les prêtres le laissèrent livré à lui-même, se retirant pour que l'oracle se manifeste. Il se trouvait au cœur du sanctuaire, dans une immense pièce aux allures sobres, baignée de pénombre. Il aurait pu se croire seul, si ses yeux de félin n'avaient repéré au fin fond du temple le rideau qui séparait les mortels du domaine des dieux. Cela l'interpelait de savoir que la servante élue du dieu du Soleil rendait ses prédictions à l'ombre profonde des pierres, mais comprenait pourtant la nécessité d'une telle protection.
Le lynx avança dans sa direction, pour s'arrêter juste devant le rideau. Il lui suffisait de tendre le bras pour le toucher, mais n'en fit rien. Ses pupilles dilatées distinguaient la forme qui se trouvait derrière, une femme, assise sur un haut tabouret à trois pieds. Alors qu'il apaisait sa respiration, écoutant celle de l'oracle, sentant jusqu'à son pouls, semblable en tout point à celui d'une mortelle, la Pythie parla.


"Jeune animal des bois
Sceptique devant moi
Tu ne crois nulle vision
Où est donc ta raison ?
"
Il avait deviné le moment où elle avait ouvert la bouche, entendu son inspiration précédant sa prise de parole. Mais, même préparé, ces quelques mots le clouèrent sur place. Il était vrai que les divinités et leurs mésententes lui importaient guère. Il était loin de tout appréhender, ne cherchait jamais à tout expliquer. Mais le pragmatisme qui occupait son raisonnement félin bloquait sa réception à des phénomènes que seul l'homme en lui pouvait aborder. Sans qu'il n'ait formulé la moindre interrogation à voix haute, la femme répondit.

"Qu'importe qui tu es
Ta vie sera un choix
Cette immobilité
Te refusera ce droit

Sois certain de tes pas
Car nul ne peut être toi

Entre ténèbres et lumière
Ce capricieux destin
Entre dans une nouvelle ère

Reste fort et combat
Mené si loin des tiens
Ils dépendent de toi.
"
Lorsque l'écho de la voix hypnotique s'affadit contre les murs, le jeune homme s'aperçut qu'il était assis sur ses pieds, mains sur ses genoux et le corps en sueur. En état de choc, il éprouva toutes les difficultés du monde à s'extraire de cette transe. Son âme entière se rebellait contre l’impossibilité de ce qu'il venait de vivre, pourtant chaque mot était gravé dans son esprit au fer rouge, et il savait que la Pythie ne pouvait mentir. Lui qui était venu sans ambition réelle, se retrouvait confronté à un oracle lui prédisant un destin grandiose, que même la messagère ne parvenait à distinguer avec précision. S'il en croyait ses paroles, tout dépendrait de ce "choix", qui bouleverserait bien des vies, et non uniquement la sienne.
Secoué, il n'avait pas réussi à reprendre contenance lorsque l'on vint le chercher. L'entrevue avait duré bien plus que d'ordinaire, bien que le temps avait été comme suspendu par les lèvres de la femme voilée. Il se laissa faire lorsqu'on l'aida à marcher, lui qui détestait le moindre contact humain. C'est seulement lorsqu'il émergea à la lumière que ses pensées reprirent leur cours, tout lui apparaissant avec une netteté inconnue auparavant. Levant les yeux vers le Soleil, qui lui donna immédiatement un aspect bien plus sauvage et étrange, il sourit.
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Pûr
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MessageSujet: Re: Une légende oubliée   Jeu 11 Juil - 21:59

La mer, cela faisait bientôt deux mois que Pûr ne voyait que cela, une étendue d'eau à perte de vue, non pas que la jeune fille n'avait pas l'habitude, elle avait du faire le même voyage pour se rendre sur l'île de la Reine Morte, cependant la longueur du voyage lui faisait doucement perdre patience, la jeune chevalier avait hâte d'enfin servir comme il se doit la déesse Athéna et de pouvoir lui rendre tout ce qu'elle lui avait donnée durant 4 années, d'autant plus qu'elle avait eu vent de ce qui avait eu lieu en Olympe et de l'importance qu'elle pouvait avoir dans la guerre pour que sa "mère" reconquiert sa place dans la demeure des dieux.

La mer était des plus calme lorsque le bateau approcha des côtes Ouest de la Grèce, le vent poussait
rapidement l'embarcation vers sa destination, comme pour répondre à l'impatience de Pûr.
Le capitaine du bateau devait faire un long détour par Delphes afin d'y déposer des présents pour le dieu du soleil ainsi que différentes marchandises dont Pûr n'avait que faire, ce détour était long, et cela avait le don de l'agacer, même si elle se cachait bien d'afficher son impatience.

"Combien de temps allons-nous rester ici ?"

La jeune fille avait décidé d'aller voir le capitaine alors que le bateau était en approche du port de Thèbes.

"Entre cinq et six jours je dirais, certains marins souhaitent aller consulter l'oracle d’Apollon."

Pûr soupira : *Long, beaucoup trop long* se dit elle.

La jeune fille allait donc devoir passer environ sept jours de plus à attendre, elle avait passé deux mois en mer, une semaine devrait s'écouler rapidement. Elle soupira à nouveau, quitte à rester dans cette ville, autant aller la visiter, d'après les marins le temple du dieu du Soleil était magnifique, Pûr décida donc de se rendre en ville, elle posa l'urne contenant son armure sur son dos et partit vers le forum.
Une fois sur place, Pûr redécouvrit les "joies" de la foule, la jeune fille malgré sa petite taille ne passait pas inaperçue avec ses cheveux et ses yeux écarlates ainsi que son urne sur le dos.
Après une dizaine de minutes de marche à travers la foule sans que rien de particulier ne survienne, la petite réussit enfin à atteindre son objectif, le temple d'Apollon, dieu du Soleil. Celui-ci était finalement assez classique, la seule chose qui le distinguait, c'était la statue du dieu Apollon, qui elle était beaucoup plus majestueuse que le temple. Cependant ce n'était pas la statue qui attirait le regard de la jeune fille, mais plutôt l'étrange personnage planté au bord de l'allée, en train de regarder le ciel avec un sourire étonnamment heureux, comme si il venait à peine de revoir le Soleil après une très longue période.
La jeune fille s'approcha du jeune homme, celui-ci était assez maigre et pas très grand pour quelqu'un qui avait l'air plus vieux qu'elle. Il était aussi couvert de petits anneaux en métal sur les oreilles et d'un anneau unique sur la lèvre.
Pûr décida finalement de se planter à côté de l'homme et de regarder elle aussi en l'air ce qui lui permit... de s'aveugler.

"Tss... Comment vous faites pour regarder le Soleil si longtemps, et qu'est-ce qui vous fascine à ce point chez lui..?"
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Eryl

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MessageSujet: Re: Une légende oubliée   Ven 12 Juil - 15:06

Vermeille telle une flamme, aussi brûlante que l'astre qu'il contemplait toujours, même de loin cette jeune fille n'avait pu échapper à son attention. Elle était arrivée, comme nombre de pèlerins sur cette place, sans autre but évident que de visiter le Temple, rendre hommage à Apollon ou encore recevoir les prophéties de la Pythie. Pourtant, quelque chose se distinguait chez elle, de plus que chez n'importe qui autour de lui. Il sentait qu'elle était spéciale, même sans la regarder, et n'aurait su dire d'où venait cette certitude. Et ce n'était pas à cause de la couleur de ses cheveux ou le reflet de ses yeux, qui attiraient bien assez le regard des badauds. Cela n'avait rien de comparable.
Jusqu'ici, son père lui avait paru la personne la plus forte qu'il ait jamais rencontré... en dehors de sa propre spécificité. C'était pourtant la première fois qu'il rencontrait quelqu'un qui lui inspirait une impression si singulière et différente, et bien qu'il n'en montrait rien, et ne se l'avouerait pas à lui-même, cela le perturbait. L'apparition de la jeune fille recoupait étrangement les paroles qu'il venait d'entendre...

Prolonger son observation du ciel lui permettait peut-être de dissiper quelque peu ses doutes, mais il réalisait peu à peu que rester immobile de cette manière commençait à interroger ceux qui croisaient sa route. C'était un comportement compréhensible, de la part de quelqu'un qui venait d'avoir un entretien avec la Pythie, mais le temps passait, lui aussi... Sa rêverie fut de toute manière interrompue de manière assez brusque.


"Tss... Comment vous faites pour regarder le Soleil si longtemps, et qu'est-ce qui vous fascine à ce point chez lui... ?"

Aussi soudainement que la voix qui s'était élevée juste à côté de lui, le jeune homme détourna son regard pour fixer celle qui lui avait parlé. Ses pupilles se dilatèrent légèrement lorsque le Soleil quitta son chant de vision, mais les iris d'un bleu glacé restaient fendus à la verticale, et dévisageaient sa nouvelle interlocutrice. Plus aucun sourire n'éclairait son visage, laissant apercevoir l'ombre du prédateur. N'importe qui aurait très certainement reculé sous le poids d'un tel regard, mais si cette vue pouvait surprendre, la jeune fille ne se laisserait pas forcément impressionner si facilement.
Quelques secondes s'écoulèrent avant que le jeune homme ne fasse mine de se détendre un peu, et ne regarde la fille aux cheveux rouges d'une manière un peu plus naturelle et moins agressive. Il restait méfiant, et de toute évidence, cela faisait partie de sa manière d'être. Son vis-à-vis l'avait surpris, comme elle l'avait deviné, dans un moment quelque peu inhabituel, que l'on pouvait aisément interpréter comme une faiblesse passagère. Quelque chose s'était produit, mais il faudrait sans doute bien plus d'une simple interrogation pour entrapercevoir l'ébauche d'une réponse.

En effet, elle put s'en apercevoir à retardement, il lui avait signifié ne vouloir ou pouvoir répondre, par un léger haussement d'épaules, un signe si subtil qu'à moins de l'avoir anticipé, le cerveau ne pouvait l'assimiler immédiatement. Il la regardait à présent, avec un air impassible qui ne s'assimilait pour autant pas à de l'indifférence. Il était clair qu'elle l'intriguait, pour des raisons que lui seul pouvait cerner avec précision.
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MessageSujet: Re: Une légende oubliée   Ven 12 Juil - 21:01

A peine avait-elle posé sa question que le jeune homme se tourna vers elle, Pûr avait déjà eu affaire à des adversaires pouvant sembler effrayant, mais elle eu tout de même un mouvement de recul et se mis légèrement en garde, une main vers sa ceinture, comme pour dégainer une épée.
L'individu avait en effet un air qui n'inspirait pas vraiment confiance et Pûr avait senti qu'il n'était surement pas aussi inoffensif qu'il en avait l'air. Elle garda cependant son sang-froid et se contenta de se pencher un peu en avant et de plonger son regard dans celui de l'homme, affichant comme à son habitude un air inexpressif. Le regard de l'inconnu était aussi froid que la couleur de ses yeux, les pupilles verticales rappelaient à Pûr celles d'un chat.

"Ils sont étranges vos yeux."

La jeune fille restait tout de même sur ses gardes, observant un peu plus en détail le jeune homme une fois que celui-ci eu retrouvé une position et un regard plus normal.
S'attardant à nouveau sur ses yeux dont les iris verticaux l'intriguaient encore plus que la raison pour laquelle il avait regardé tant de temps le Soleil il y a à peine quelques secondes.

"Vous êtes pas très bavard hein ?"

Cette question n'avait finalement pas grand intérêt, Pûr avait déjà compris qu'elle n'aurait pas grand chose de plus que le mouvement d'épaules qu'elle avait pu voir un peu après sa question.
Cependant, elle sentait que cet homme aux yeux de félin pouvait lui apporter quelque chose, ou peut-être étais-ce elle qui le devait.
Devant l’absence de réponses, elle se contenta de continuer à fixer l'homme-chat pendant une courte minute, puis elle décida de tenter une autre approche.

"Je suis Pûr, et vous ?"

Qu'il décide de répondre ou pas n’empêcha pas la petite de continuer sur sa lancée, posant l'urne contenant son armure et s'asseyant dessus, agitant doucement les jambes tout en regardant son interlocuteur et en enlevant doucement le sable qui c'était posé sur sa tunique couleur ivoire qui lui descendait jusqu'aux genoux et qui était serré par une ceinture en cuir sertie d'une petite pierre ovale de couleur ambre.

"Vous êtes d'ici ? Qu'est-ce que vous faisiez dans ce temple ? Vous avez toujours eu les yeux comme ça ?"

Pûr avait clairement pour but, soit d'en apprendre plus, soit de faire craquer l'homme pour qu'il daigne au moins parler et qu'elle puisse l'entendre.
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Eryl

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MessageSujet: Re: Une légende oubliée   Sam 13 Juil - 20:00

Réaction prévisible, la fille qui l'avait abordé prit un peu de recul lorsqu'il la regarda. Ses intentions étaient rarement déchiffrables, et lui-même avait son comptant de réflexes de survie, elle venait de faire l'expérience de l'un d'eux. La première remarque qu'elle lui adressa suite à ça, manifestait également une curiosité qui n'avait rien d'étonnant. Tant qu'il était en plein soleil, ses yeux garderaient cet aspect étrange qui questionnait la jeune fille, et elle semblait déjà avoir compris qu'il ne pouvait rien y changer. Même s'il avait fait un effort visible pour lui paraître plus abordable, son regard resterait celui d'un chat sauvage, toujours sur le qui-vive.

La question qui suivit - littéralement la seconde qu'elle avait posé depuis qu'elle l'avait rencontré - sembla sur le point de lui arracher un sourire. Plus que ses lèvres, qui restaient closes et immobiles, ce fut le subtil plissement de ses yeux qui changea de nouveau son regard vers une expression plus douce. Il fit un léger mouvement de la tête, que l'on pouvait manquer mais qui signifiait clairement si on l'apercevait, une négation. Il n'était pas bavard, c'était un fait. Nul dans cette ville ne pouvait se targuer d'avoir entendu sa voix depuis qu'il y était arrivé, mais d'un autre côté, personne ne s'était encore suffisamment intéressé à lui pour cela, et encore moins posé des questions qui forçaient une réponse en clair et à l'oral.
La jeune fille avait cerné bien vite ce fonctionnement, et c'est ainsi qu'il apprit son nom. Pûr. Le feu. Une telle dénomination vu son apparence indiquait nettement que cette jeune fille avait connu un destin prédit et tracé depuis sa naissance. Brûlante, incandescente, c'était ce que ce nom évoquait, et, comme une flamme pure, elle paraissait lui faire honneur en toute chose. Le côté interrogatif de sa phrase n'était pas nécessaire, puisque par respect des convenances, le jeune homme se serait présenté à son tour. Mais ainsi, elle était certaine qu'il avait assimilé le fait qu'elle voulait en savoir plus sur lui.


- Eryl.

La mention de son nom complet n'était sans doute pas nécessaire, au regard de la façon dont Pûr s'était elle-même présentée. Et le nom des Alastair était plus que probablement inconnu au delà de ses propres frontières, à Delphes il n'était qu'un badaud comme les autres et non le fils d'un riche propriétaire terrien. Le citer n'apporterait rien de bon, si ce n'est des ennuis à sa famille s'il se produisait un malheur. Et dans tous les cas, la façon dont son interlocutrice continua son interrogatoire, enchainant ses questions sans même lui laisser le moindre répit pour répondre, il était facile de déduire qu'elle n'était pas de la région, et venait probablement de bien plus loin que lui.
L'air plus amusé que dérouté, il désigna la montagne en face de lui, que l'on pouvait apercevoir en arrière plan, déborder sur l'un des côtés de la ville, loin de la foule et des ennuis. Pour toute réponse à la suite du questionnaire, il posa les mains sur les côtés de sa capuche et la rabattit vers l'arrière. Il libéra des cheveux plutôt courts, dont la longueur maximale ne dépassait guère son menton. Si Pûr s'étonnait de ses yeux, les voir ne pouvait que rajouter des interrogations à son répertoire, et il était facile de croire en regardant son interlocuteur que c'était l'effet escompté. Il gardait en effet les yeux légèrement plissés sur ses pupilles fendues, ce qui accentuait son regard félin mais le rendait de façon étrange et paradoxale, moins menaçant. Il avait cette expression depuis un moment, et l'interprétation que l'on pouvait en faire était plutôt libre.
Les cheveux qu'il avait révélés avaient une couleur ambiguë, difficile à distinguer exactement, même en pleine lumière. C'était un mélange de noir, de multiples gris, de blanc, tout cela agrément de reflets - mais n'était-ce seulement que des reflets ? - de bleus clairs et mitigés. Coupés de façon parfois inégale, ils paraissaient épais, et doux comme la fourrure d'un animal. Cette texture laissait deviner que le jeune homme ne risquait pas d'avoir froid au crâne. Ce qui, avec la proximité de la montagne et la température ambiante, était une bonne chose. Par ailleurs, il n'était pas couvert de façon particulièrement chaude. Sa cape elle-même était plutôt fine, et le cuir n'a jamais été réputé pour isoler complètement du froid.

Son interlocutrice elle-même ne semblait pas ressentir la morsure du froid. Plus d'un aurait pu s'inquiéter de la voir peu couverte, mais lui sentait la chaleur de son corps, et savait que sa température interne était supérieure à la moyenne. Le corps de la jeune fille compensait à l'évidence par-lui-même la différence de température. L'observant, il remarqua alors les battements de son coeur. Forts et lents, ils révélaient l'habitude d'une vie rude et loin de tout repos. Cela venait confirmer sa première impression sur elle, comme si un sens qui lui était inconnu lui avait soufflé la présence d'une spécificité comparable à la sienne. Détournant son attention de son pouls, ne voulant pas aller jusqu'à visualiser les artères battant à son cou, il se concentra sur son visage. Cette étrange rencontre ressemblait à une belle ironie. Il était le froid, elle était la chaleur. De nature très différente, mais étrangement semblables.
Il secoua légèrement la tête, comme pour reprendre ses esprits. Son examen approfondi ne semblait pas la déranger plus que ça, mais s'il n'avait rien à lui dire, il ne pouvait se permettre de lui en demander plus. Quelque chose dans le regard du jeune homme avait encore changé, mais deviner la nature de ses sentiments risquait encore de se révéler bien difficile...
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MessageSujet: Re: Une légende oubliée   Sam 13 Juil - 22:58

Une fois son "questionnaire" terminé Pûr prit un petit moment pour analyser les réponses qu'elle avait eu, à savoir pas grand chose finalement.
L'inconnu avait maintenant un nom, Eryl, cela suffisait largement à la jeune fille. Elle savait aussi qu'il venait des montagnes enneigées plus loin, elle n'en connaissait malheureusement pas le nom.
Pûr hocha doucement la tête, observant ensuite les cheveux d'Eryl, qui avaient une couleur changeante, l'homme devenait de plus en plus étrange aux yeux de la jeune fille, cependant elle garda son air inexpressif.
Le fait qu'il l'observe ainsi ne la dérangeait pas, elle ne sentait plus d'agressivité chez Eryl et n'avait donc aucune raison de ne pas le laisser la regarder, malgré la direction de son regard qui aurait pu gêner la jeune fille.
La réaction suivante lui sembla un peu étrange, Eryl avait secoué doucement sa tête pour ensuite replonger dans ses pensées, ou du moins c'est ce que croyait Pûr.

"Quelque chose ne va pas ?"

Elle l'observa à nouveau, gardant toujours un visage de marbre. Elle voulait tout de même en savoir plus sur son interlocuteur, celui-ci étant toujours aussi intriguant malgré ses réponses. La jeune fille décida alors d'adopter une méthode encore plus directe.

"Dites, si je vous parle d'Athéna, de cosmos et de chevaliers de Bronze, d'Argent et d'Or, cela vous dit quelque chose ?"

Pûr fixa Eryl, son regard sans émotions semblait essayer de lire en lui, cette question et la possible réponse était très importante.
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Eryl

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MessageSujet: Re: Une légende oubliée   Dim 14 Juil - 17:04

Sa franchise la perdrait. Le visage de la jeune fille restait impassible, aussi ne saurait-il jamais si sa compagne avait réalisé l'absurdité de ce qu'elle venait de dire, ou si, au contraire, elle avait choisi ses mots avec soin. Cette question était sans nul doute d'une importance cruciale pour elle, mais aussitôt qu'elle avait franchi les lèvres de la jeune fille, tous les sens de son interlocuteur s'étaient éveillés, en alerte. Elle put sans doute remarquer ce subtil changement de posture, son regard auparavant quasiment fixe qui avait commencé à balayer la foule, ses jambes jambes légèrement fléchies qui paraissaient prêtes à bondir. Pourtant, en apparence, il était parfaitement calme. Il la regardait toujours d'une expression égale, mais la méfiance était revenue, traître et insidieuse.

Son bras se leva légèrement, juste assez pour permettre à un de ses doigts d'assener une petite pichenette sur le front de la jeune fille. Pas assez fort pour provoquer la moindre douleur, mais suffisamment pour qu'elle sente clairement le reproche muet qu'il lui adressait. Certain à présent d'avoir son entière attention, il la regarda dans les yeux, avant de détourner les siens, très clairement, vers les badauds. Il fallait qu'elle l'imite, et se rende compte...
Ceux qui croisèrent les yeux perçants du jeune homme se détournèrent aussitôt, certains eurent même un réflexe de fuite. Ils paraissaient en effet beaucoup plus froids et menaçants, pour une raison que son interlocutrice n'allait sans doute pas tarder à cerner. Cela n'était qu'en observant autour d'eux, que la jeune fille pouvait s'apercevoir que l'atmosphère avait changé. C'était une variation difficile à saisir, mais beaucoup d'autres regards s'étaient dirigés vers eux, différents de ceux que la simple curiosité attirait. Une impression fugace, qui devenait de plus en plus nette au fur et à mesure qu'elle prenait la mesure de ce qui arrivait. Impossible de se sentir bien, même devant le temple, ceux qui les entouraient leur étaient aussi soudainement qu’inexplicablement devenus hostiles. Et la foule semblait gronder alors que le bruit se répandait, et que d'avantages de paires d'yeux se tournaient dans leur direction.
C'était indéniable, quelle que soit la force du regard du jeune homme, jamais il ne pourrait tous les repousser. Mais, maintenant que sa compagne avait saisit ce qui les menaçait, il pouvait agir sans qu'elle ne prenne sa brusque initiative comme une agression. Il lui agrippa le bras, et de sa main libre attrapa la caisse sur laquelle elle s'était assise peu avant. Surpris par le poids, il la hissa pourtant sur son dos sans relâcher sa prise. Il courait déjà, entraînant Pûr dans sa fuite.

Apollon était un dieu jeune. Beau et athlétique, il avait pour symbole le Soleil, mais était surtout reconnu pour son excellence dans les arts, la guérison et les oracles. Au devant même de son temple, il était représenté une lyre à la main, beau et envoûtant, et il était facile d'oublier qu'il était loin d'être inoffensif. D'autres bâtiments d'état en témoignaient, le revêtant comme un guerrier, arc bandé, prêt à affronter ses ennemis. Si sa main soignait, son arc, lui, avait la vertu de répandre la peste... Et à cet instant, les deux jeunes gens avaient la désagréable sensation de le sentir pointé sur eux. Depuis leur opposition dans la Guerre de Troie, le dieu solaire était resté en conflit avec son aînée. Evoquer son nom devant son propre sanctuaire, fût-ce sans intention néfaste, n'était guère judicieux...

Les deux jeunes gens avaient laissé derrière eux la place, et ne cessèrent de courir que lorsque le tonnerre dans leur esprit réussit à se calmer. Mais le jeune homme tenait toujours fermement le bras de sa compagne, et continuait à marcher rapidement d'un pas déterminé, mettant le plus de distance possible entre eux et le lieu de la discorde. Puis, il bifurqua sans crier gare dans une ruelle, et posa le coffre qu'il transportait loin des regards indiscrets. Enfin, il la lâcha, la pression de sa main avait laissé une marque dans la précipitation. Trace qu'il regarda assez longtemps pour faire comprendre qu'il regrettait sa brutalité. Mais quand ses yeux se relevèrent vers le visage de la jeune fille, elle n'y vit plus aucun signe d'excuse, aussi léger soit-il.
Ses pupilles s'étaient quelque peu arrondies à la rencontre de la pénombre, mais si cela rendait son visage plus humain, l'expression de son visage n'avait rien de rassurant. Sans la menacer directement, il la dévisageait avec encore plus de défiance qu'au tout début de leur rencontre. Tout ceci avait directement rapport avec la question qu'elle avait prononcée à son intention. Mais pour lui faire comprendre la raison exacte sans l'abuser, le jeune homme n'était pas au bout de ses peines... Car paradoxalement, aucun mot ne semblait encore prêt à passer le seuil de ses lèvres.
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MessageSujet: Re: Une légende oubliée   Dim 14 Juil - 22:51

La question avait eu son effet, à savoir faire réagir Eryl, celui-ci semblait encore plus sur ses gardes et lançait des regards à la foule autour d'eux.
Pûr suivi quelques instants le regard du jeune homme, les gens autour du duo semblaient tout sauf amicaux. Elle n'avait pourtant pas l'air de ressentir la pression, son expression ne changea pas et elle garda sa position, assise sur son urne en agitant doucement les jambes.
Tout à coup le front de la petite fut frappé par l'index d'Eryl, elle frotta doucement l'endroit que le doigt avait touché et fixa l'homme-chat, soupirant faiblement.
La petite décida tout de même de soutenir l'action de son interlocuteur, sentant qu'il n'arriverait surement pas seul à contenir cette masse inamicale. Elle fixa à son tour la foule avec son regard froid et vide d'émotions, laissant comprendre à ceux qui le croisait que si ils tentaient quoique ce soit ils le regretteraient amèrement, après tout elle était sur le territoire de sa déesse, sa mère, et le premier à l'attaquer ne serait donc rien de plus qu'un traitre devant être purifié par les flammes.
La jeune fille senti alors une main écraser son bras et la tirer dans une direction, elle tourna rapidement la tête, prête à réagir, puis constata que c'était Eryl qui la tirait ainsi, heureusement il avait eu la présence d'esprit de prendre l'urne avec lui, ce qui évita à Pûr de devoir le retenir, elle le laissa donc faire sans rien dire.
Lorsque finalement Eryl s’arrêta et lâcha le bras de Pûr, celle-ci regarda son vis-à-vis, toujours aussi peu expressive.

"Bon, je pense que ça veut dire oui. Vous savez, on ne risquait pas grand chose hein..."
 Pûr frottait doucement son bras tout en parlant, retournant s'asseoir sur son urne.

"Bref, maintenant que nous sommes au calme vous serez peut-être plus enclin à parler ?"

La jeune fille s'étira, elle savait qu'elle avait réussi son coup, Eryl avait réagit d'une manière qui ne pouvait laisser aucun doute, il savait de quoi elle parlait, qu'il s'excuse ou pas n'avait aucune importance pour elle.
Pûr soutint le regard de l'homme, attendant désormais très clairement des réponses de sa part, ou peut-être des questions qui sait.
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MessageSujet: Re: Une légende oubliée   Lun 15 Juil - 17:09

De la peine, du travail... Il allait en avoir, c'était sûr et certain à présent. La jeune fille avait mal interprété son action du début à la fin. Il secoue la tête tout en la regardant. Aucun danger, vraiment ? Il n'avait guère le choix. Aucun geste pouvait remplacer la parole dans cette situation. Il lui fallait être clair, pour être compris. C'était complexe et il n'avait pas le choix. La voix du jeune homme s'éleva à nouveau comme pour sublimer le calme ambiant, douce et légèrement rauque, d'une tonalité de baryton plus grave que ne le laissait deviner la finesse de sa silhouette.

- Je ne connais pas ces Chevaliers.

Il lança un regard de biais vers l'entrée du passage, restant aux aguets, méfiant et survolté. Ses sens de lynx détectait une présence proche, mais pas suffisamment pour qu'elle représente un danger. La personne qui s'était approchée n'était sans doute guère plus qu'un promeneur qui ne faisait que passer, sans se soucier de ce qui pouvait arriver dans cette ruelle. A cette distance, il ne pouvait entendre les échos de leur conversation, et cette constatation rasséréna quelque peu le jeune homme. Il attendit toutefois quelques instants, afin de l'entendre s'éloigner sans heurt, avant de reprendre l'observation méticuleuse de son interlocutrice.
A cet instant, elle lui semblait vraiment inconsciente. Comprenait-elle seulement la situation dans laquelle elle les avait mis tous les deux ? Cette terre était peut-être sous l'égide d'Athéna, mais dans les faits, c'était son frère qui y régnait. Il ne craignait pas vraiment la colère du dieu, restant sceptique face à tout ce qui pouvait toucher de façon globale au spirituel, mais les hommes, eux, étaient bien réels, avec leurs convictions pouvant aller jusqu'au fanatisme. Que cette terre fasse partie du fief d'Athéna n'avait que peu d'importance, ils se trouvaient à une époque où leur dieu de s'entendait pas avec elle. Et le nom de la déesse, cité au devant même de son sanctuaire, ne pouvait résonner pour eux que comme une provocation, un blasphème.
C'était tout cela qu'il devait lui signifier. Il savait qu'il ne réussirait jamais à aligner autant de mots, pour globaliser cette idée de la politique et de la religion qui était si simple et en même temps trop compliquée. Rassemblant ses pensées, il devait quand même faire un effort. Mais lorsqu'il ouvrit la bouche, ce fut quelque chose de différent, bien que cela ait suivi le cours de ses idées, qui en sortit.


- On doit se faire oublier.

C'était pour cette raison qu'il l'avait traînée dans ce lieu, loin de la curiosité et de l'hostilité de la foule. Attirer l'attention était la dernière chose à faire dans leur cas. Malheureusement, aucun d'eux n'était vraiment discret, bien que lui pouvait encore s'arranger en cachant ses cheveux et baissant les yeux. Mais sa compagne aux cheveux rouges serait vite remarquée, et c'était actuellement tout le problème. Ils formaient un couple atypique que n'importe qui pouvait signaler très rapidement. Il ne doutait pas que le bruit se doit répandu maintenant plus loin que la place où ils se trouvaient... ce qui pouvait être fâcheux.

Plongé dans ses pensées, sans pour autant lâcher Pûr du regard, le jeune homme sembla hésiter. Il avait ce qu'il avait à faire, mais... ne voulait pas que la jeune fille se méprène sur cela également. Laissant ses craintes de côté le temps de quelques minutes, il s'efforça de se détendre, de paraître moins animal, plus amical. Il la regarda de nouveau. Il n'avait pas réussi à évacuer toute sa tension, mais au moins son agressivité ne semblait-elle plus dirigée à l'encontre de sa compagne. Il espérait sincèrement qu'elle assimile les subtilités qu'il n'exprimait pas, car malgré ses efforts, ils étaient toujours en mauvaise posture.
Et... si elle avait raison ? Cette éventualité lui traversa l'esprit comme la flèche du Sagittaire. S'il se faisait des idées uniquement parce qu'il n'avait nulle confiance en la race humaine ni en aucun de ses représentants, s'il s'était fourvoyé par une mauvaise interprétation de ce qu'il avait vu, laissé emporté par des déductions irrationnelles ? Il se secoua, un frisson lui parcourut l'échine. Il pouvait avoir tort, c'était un fait. Mais cela n'excluait pas la prudence. Son instinct lui avait dicté la fuite, et c'était l'une des rares choses au monde auxquelles il accordait tout son crédit. L'ennemi invisible est toujours le pire, celui que l'on ne peut combattre.


- Ton histoire... m'intéresse.

Un aiguillon perfide piquait sa conscience, maintenant qu'il commençait à réfléchir. Le danger n'était peut-être pas tant la mention d'Athéna... Il devrait éclaircir cela. Il la regardait à nouveau, ne s'expliquant pas pourquoi, avec toutes les idées qu'il venait de remuer, il l'avait emmenée avec lui. Pour autant qu'il le sache, le danger pouvait très bien venir d'elle. Mais elle était là, en face de lui, malgré le fauve en lui qui recommençait à hurler... Il projeta son regard, violent et furibond, vers la direction d'où ils venaient. Une odeur inhabituelle. Sans prendre la peine de ménager sa compagne, il la regarda avec cette même hargne.

- Questions et réponses viendront plus tard.

Il détacha sa cape, et la passa autour des épaules de Pûr, sans lui demander son avis. Il pris garde que les longs cheveux de feu soient pris sous le manteau, tout en évitant de les accrocher avec l’agrafe. Il rabattit la capuche sur la tête de la jeune fille pour masquer le reste de sa chevelure, puis enleva l'anneau à sa propre lèvre. Ses oreilles étaient en grande partie cachées par ses cheveux, ce qu'il vérifia en les ébouriffant un peu plus. Puis il repris l'urne sur son dos. Elle était toujours aussi lourde, mais cette fois, il y était préparé. Il jeta un œil rapide à sa compagne. Comment faisait-elle donc pour supporter un tel poids avec sa carrure ? Lui-même ne suffirait guère sur une longue distance, il n'avait rien d'une mule...
Tendant la main vers elle, il lui attrapa le bras avec plus de douceur que précédemment, pourtant son regard la pressait de le suivre. Il se dirigea avec elle vers l'autre extrémité de la ruelle, ressortant dans la rue parallèle à celle qu'ils avaient parcourue plus tôt. Il tourna le dos au Temple et avança, Pûr à son côté, en essayant de paraître le plus détendu et naturel possible. Après tout, il n'étaient que deux visiteurs venus rendre hommage à Apollon, et cela fait ils pouvaient partir sans ambage. Il regardait régulièrement la jeune fille pour vérifier si elle entrait dans son jeu. L'inquiétude qu'il manifestait lui semblait étrangère, mais elle se laissait faire de bonne grâce, pour voir, sans doute, où son compagnon voulait les mener.

Sa ruse fonctionna un moment. Il avait perdu la trace de ce qui les poursuivait, et son apparence détendue se fit plus sincère. Il continua pourtant à marcher, allant rarement tout droit, empruntant quelques détours qui avaient toujours pour but de les rapprocher de la sortie de la ville. Sa main se crispa sur le bras de Pûr. Puis la regarda. Cette dernière commençait à reconnaître cette expression et le suivit sans frein lorsqu'il bifurqua assez soudainement dans une allée étroite, qui ne pouvait que lui rappeler exactement celle où ils venaient de s'arrêter. Mais cette fois, le jeune homme pressa le pas. Il lâcha le bras de Pûr pour éviter de la ralentir, et suivit le sinueux chemin de la venelle. Les bruits étaient clairs, même pour la jeune fille cette fois. Des hommes étaient derrière eux, en armure, probablement armés. Ils étaient encore hors de vue, et le félin comptait bien qu'ils le restent. Ils pouvaient facilement les distancer, encore une fois...

Le jeune homme s'arrêta net, regardant en avant, puis en arrière. Son flair ne l'avait pas trompé, mais il n'avait remarqué que trop tard l'absence de déplacement d'air. Ils étaient dans une impasse. Le fond n'en était pas encore visible, caché derrière un ou deux virages, mais s'ils continuaient ils seraient pris au piège. Ce qui était, en réalité, déjà le cas... Mais autant utiliser cette connaissance à bon escient, pour peu que leurs poursuivants ne connaissent mieux cette partie de la ville qu'eux.
Il se retourna, toute trace d'inquiétude dissipée, remplacée par une résolution farouche. Il s'apprêtait à faire face. S'il pouvait leur faire croire qu'il pouvait encore s'échapper, et s'était retourné par choix, cela sèmerait le doute dans leur esprit. Ils étaient quatre, peut-être cinq... Au son de leur armure, il les devinait gardes de la ville. Ainsi, le prétexte invoqué serait sans doute "trouble de l'ordre public". Il pourrait en venir à bout. Après tout, il n'était pas seul. Il n'était jamais seul...

Le jeune homme semblait avoir complètement omis la présence de la jeune fille écarlate à son côté. Sans aucune indication, il lui était difficile de deviner pourquoi son compagnon avait cessé aussi soudainement de fuir, et s'était retourné, visiblement prêt à affronter ce qui se présenterait devant lui, quoi que ce soit... Un grondement rauque, typiquement félin s'échappait à présent du plus profond de sa gorge. Il se ramassait sur lui-même, prêt à bondir... Et la jeune fille sentit d'autres présences. Elles s'ajoutaient à celles de leurs possibles adversaires, présentant une aura très semblable à celle de son compagnon. Derrière elle.
Ses frères avaient répondu à son appel. Tranquilles, attendant patiemment dans son dos, ils n'étaient là pour combattre que si c'était nécessaire. Dans le meilleur des cas, leur rôle consisterait à mettre en déroute de pauvres soldats qui n'avaient rien demandé à personne, les faisant fuir sans dégât. Mais, déjà, le jeune homme sentait que ce serait plus compliqué que cela. Il les voyait presque, et... en plus de l'odeur familière des hommes, il retrouvait celle qui l'avait interpellé plus tôt. Ce n'était pas quelque chose qu'il connaissait, mais il sentit ses poils se dresser sur sa nuque. Ses compagnons s'étaient également hérissés. Pûr elle-même l'avait analysé, et comprenait enfin l'empressement de son compagnon. C'était un danger net et précis. Plus aucun doute n'était permis.



HRP:
 
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MessageSujet: Re: Une légende oubliée   Mar 16 Juil - 12:43

Pour la seconde fois il avait parlé, Pûr assise sur son urne se contenta elle d'observer ses réactions, Eryl était aux aguets.

*C'est plus un animal qu'un homme...*

Pûr soupira à nouveau, elle avait bien compris qu'elle avait affaire à quelqu'un de très voir trop prudent, contrairement à elle pour qui la prudence n'était pas vraiment une priorité.

- On doit se faire oublier.

La jeune fille haussa légèrement un sourcil, se faire oublier, pourquoi faire, si vraiment quelqu'un leur en voulait c'est qu'il était un ennemi et qu'il devait être purifié dans les flammes. Mais après tout Eryl n'avait rien à voir avec cette guerre et cela Pûr ne l'avait pas pris en compte.
La petite ne sentait cependant aucun cosmos aux alentours, alors que son "ami" semblait repérer le moindre mouvement les entourant, elle le voyait tourner parfois la tête dans une direction qui semblait aléatoire, puis reposer ses yeux de glace sur elle. Si vraiment il était plus animal qu'homme, alors Pûr se dit qu'il valait peut-être mieux croire en l'instinct d'Eryl et qu'en cas "d'ennuis" il valait mieux le laisser faire pour ce qui était de la fuite.

- Ton histoire... m'intéresse.

"Ah, eh bien je..."

Pûr s’arrêta au beau milieu de sa phrase, tournant la tête dans la même direction que celle de son compagnon, elle venait de sentir un cosmos inconnu, et visiblement c'était aussi le cas d'Eryl. La personne qui le dégageait était encore trop loin pour que Pûr puisse clairement identifier à qui elle avait à faire mais ça n'était surement pas un ami.

- Questions et réponses viendront plus tard.

La jeune fille hocha la tête juste avant de la voir recouverte par le manteau d'Eryl, le jeune homme voulait visiblement fuir à nouveau et Pûr se contenta donc de le suivre lorsqu'il lui prit le bras. Cette fois cependant elle prit la peine de récupérer son urne qui était sur le dos de l'homme, après tout il n'était pas son esclave et elle n'aimait pas qu'on touche trop à son trésor.
Une fois revenu sur les routes pavées Pûr essaya de dissimuler au mieux son visage et ses cheveux, elle n'avait pas non plus l'intention de ruiner les efforts de son camarade afin de paraitre discret. Alors qu'Eryl regardait sans cesse autour de lui, Pûr se contenta de garder son habituel visage inexpressif et se concentra pour tenter de repérer le cosmos qu'elle avait senti auparavant, sans résultat pour le moment.
Tout à coup Eryl sembla vouloir entrainer à nouveau la jeune fille avec lui dans une ruelle, avait-il senti un danger, Pûr n'aurait pas su le dire, elle le suivit sans discuter et se mit à courir lorsqu'il décida d'accélérer. C’est alors qu'elle le senti à nouveau, ce cosmos inconnu, accompagné cette fois de sons d'armures, c'était surement cela qui avait fait entrer Eryl dans cette ruelle.
Elle regarda Eryl un moment, celui-ci venait en effet de s’arrêter au milieu de sa course et elle avait manquée de le percuter, il avait à nouveau senti quelque chose que la jeune fille ne pouvait pas comprendre, en tout cas il n'avait maintenant visiblement plus la volonté de fuir, mais plutôt celle de combattre.
Le jeune homme prit une posture qui semblait clairement animale et, sans grande surprise pour Pûr, commença à faire vibrer son cosmos. Ce qui suivit par contre fût plus étonnant, Pûr se retourna après avoir senti de petites sources de cosmos ressemblant à celui d'Eryl et vit un petit groupe de lynx s'approcher doucement de leur position, cependant ils n'avaient pas l'air d'être des ennemis mais plutôt des alliés, se positionnant autour du duo, attendant surement un ordre de leur maître. Elle se tourna ensuite vers l'autre côté de la ruelle d'où provenaient les bruits et le cosmos de son futur ennemi.

*Eh bien maintenant je suppose qu'il sait qu'il y a au moins un bon combattant en face de lui.*

La petite décida mit alors de se mettre quelques mètres devant Eryl, après tout c'était elle le chevalier et il n'avait pas à combattre pour une cause dont elle pensait qu'il ne connaissait rien. Elle prit le temps de retirer le manteau d'Eryl puis posa doucement son urne au sol et l'ouvrit, dévoilant son armure de Bronze du Phénix qui vint d'elle même s'équiper à sur son corps. L'armure était constituée de peu de protection, un petit plastron pour couvrir le buste du chevalier, des bottes remontant jusqu'aux genoux, des gants descendant un peu plus bas que les poignets et des épaulières reliées au buste par des lanières de cuir. Ce qui pouvait distinguer l'armure d'une classique c'était sa couleur rouge orangée donnant l'impression qu'elle était faite de flammes et les trois rangées de plumes couleur de feu se balançant sur le dos de l'armure. Pûr s'étira ensuite rapidement, cela faisait bientôt trois mois qu'elle n'avait pas combattu et cette situation semblait être le moment rêvé pour se dérouiller un peu. Tant que leur nombre ne dépassait pas dix il n'y avait qu'une seule menace, d'après le cosmos qu'elle sentait l'homme devait très certainement être un serviteur d'Hadès, maître des enfers et ennemi de sa mère. Pûr mit lentement sa main près de sa ceinture et effectua un mouvement comme pour dégainer.

"Efreet."

Aussitôt qu'elle prononça le mot et fit son mouvement la jeune fille se retrouva avec ce qui ressemblait à une épée de flammes entre les mains. Alors que le pommeau, la fusée et la garde de l'arme semblaient bien réel, la lame elle était uniquement constituée de flammes, aussi rouge que les cheveux et les yeux de son porteur. Pûr se mit alors en garde, et malgré la dangerosité de la situation, son expression n'avait pas changé, elle ne semblait pas être capable de ressentir la moindre émotion, pas même l’excitation du combat.

"Vous devriez me laisser faire à partir d'ici, c'est plus mon combat que le votre."


Pûr c'était légèrement tournée pour parler à Eryl, elle l'avait entrainée dans cette situation et c'était donc à elle de l'en sortir.
On pouvait maintenant apercevoir les quatre gardes et le spectre d'Hadès au croisement des ruelles, Pûr se remit donc en position, prête à attaquer.

"Ils sont là, attrapez les !"

Le Spectre avait crié l'ordre aux gardes qui c'étaient précipité sur Pûr avec plus ou moins d'envie, une épée enflammée ne devait pas être quelque chose de commun pour eux.
La jeune fille attendait, toujours en garde, lorsque le premier homme fut à environ deux mètres elle fondit sur lui.

"Rendez vous et il ne v..."

L'homme n'avait pas eu le temps de finir sa phrase que la lame enflammée avait traversé son armure de cuir puis son ventre, ressortant dans son dos. Il cracha un peu de sang par la bouche et lorsque Pûr retira l'épée il s'écroula pour ne plus jamais se relever.
L'un des gardes s’arrêta un moment en voyant son camarade s'écrouler, il n'avait visiblement pas pensé que la gamine n'écouterait même pas l'avertissement de celui-ci.
Pûr faisait donc maintenant face à deux gardes, le troisième semblant pour le moment paralyser par la peur. Elle se remit en garde sans un mot, attendant un mouvement de la part de ses adversaires.
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MessageSujet: Re: Une légende oubliée   Jeu 18 Juil - 15:32

Les lynx se déployaient lentement, ne manifestant qu'un calme tranquille. Deux d'entre eux longeaient les murs de la ruelle, un de chaque côté. Les deux autres leur emboîtèrent le pas avec un peu de retard, de façon à pouvoir couvrir leurs arrières. Il s'agissait d'une formation plus défensive qu'agressive, mais qui se révèlerait très efficace en cas d'attaque.

Le jeune homme suivit ses compagnons des yeux un instant, avant que la troupe ennemie n'entre dans son champ de vision. Quatre hommes, qui n'avaient de particulier que leurs uniformes à l'emblème de Delphes, et un cinquième, qui ne pouvait être personne d'autre que leur chef. L'odeur qu'il avait reniflée se fit soudain plus forte, il n'y avait aucun doute : elle provenait de cet homme, et n'évoquait à ses sens que mort et désolation. Il avait aussi une aura, que le félin ne ressentait qu'au plus profond de son être sans vraiment la comprendre. Elle avait quelque chose de semblable à celle de Pûr, tout en étant singulièrement différente. Surnaturelle. Percevoir cela lui fit froncer le nez et retrousser les lèvres. A cet instant il ressemblait clairement plus à un animal qu'à l'humain qu'il était auparavant, d'autant que ses lèvres dévoilaient des canines anormalement longues pour un être normal. Ramassé sur lui-même, il paraissait aussi plus large, bien que cela ne risque guère d'impressionner ses adversaires du moment.

Une force se manifesta à son côté, et il regarda le phénomène se produire sans réellement en assimiler la portée. Pûr avait ouvert la boîte qu'elle transportait, et les pièces d'armure qu'elle contenait s'étaient mises à léviter avant de se fixer d'elles-mêmes, dans un claquement métallique autour des membres à protéger. Un instant, il en perdit sa concentration. Rien de ce qu'il avait vu ou entendu jusque là ne pouvait le disposer à un tel spectacle. Et la suite fut pour lui encore plus inattendue... Comment aurait-il pu imaginer qu'une épée enflammée allait apparaître si facilement dans la main de sa compagne ? Elle s'était placée devant lui, et à l'instant, il lui en était reconnaissant. Car s'il avait eu à essuyer une attaque juste maintenant, il ne l'aurait tout simplement pas vue venir.
Quelques secondes furent nécessaires pour qu'il reprenne sa pleine contenance, réussissant à relativiser ce qu'il était en train de vivre en pensant à ses propres frères félins, qui en dérouteraient plus d'un par leur simple présence. Il nota au passage, dans un coin de son esprit, la position de sa cape. Mais ceci était, pour le moment, complètement anecdotique. Il ne doutait pas que les soldats allaient attaquer d'un moment à l'autre, de façon plus ou moins pacifique, et voulait que lui, tout autant que ses compagnons, y soient préparés...

Les guerriers, justement, n'avaient pas pu manquer la présence des quatre lynx qui les attendaient sagement contre les murs, comme s'ils échafaudaient une embuscade. Ils s'étaient arrêtés et regardaient les hommes sans broncher. La présence de bêtes sauvages au sein même de la cité avait de quoi surprendre, surtout lorsqu'ils se trouvaient dans une ruelle avec vous... Cela fit hésiter les hommes un instant, ce qui permit ainsi à celui qui avait invoqué les bêtes de jauger les intentions réelles de ses adversaires. Ils n'avaient pas encore pu faire le lien entre les gros chats et lui, grâce à l'intervention de Pûr, qui leur masquait la vision, mais se faisaient presser par leur chef, et devant l'apparente indifférence des fauves, ils s'approchèrent du duo.
L'épée enflammée fut la seconde surprise pour eux, et cela commençait à faire beaucoup d'étrangetés dans une même allée. Les coïncidences existaient, mais il fallait voir à ne pas exagérer... Seule l'impulsion et l'assurance donnée par le chef d'escadre les faisait rester, et avancer encore. Le nez félin sentait de plus en plus la peur que ces hommes dégageaient, ce qui était un atout à ne pas négliger de leur côté, mais prouvait également qu'aucun des quatre soldats n'était préparé à se retrouver dans cette situation plus qu'improbable. Sa conclusion était que seul leur chef, qui ne transpirait qu'un profond désir de destruction, en voulait à leur vie. Ou du moins à celle de Pûr, puisque c'étaient vraisemblablement ses mots qui avaient déclenché tout ça. Et cette hypothèse eut tendance à se confirmer quand le guerrier le plus proche leur adressa une semonce.


- Rendez-vous et il ne v...

Noble initiative, mais la jeune fille aux cheveux de feu ne l'entendait pas de cette oreille. Sous les yeux éberlués du chat perdu, elle transperça l'homme de part en part, interrompant la tentative de négociation sans le moindre préavis.

Se secouant, le jeune homme se campa sur ses jambes, reprenant la posture défensive adoptée auparavant. Quelle plaie. Ils auraient pu s'en sortir avec un moindre mal, et ne s'attaquer qu'au fond du problème, sans qu'aucun innocent ne soit impliqué. Les lynx auraient veillé au grain sur les humains. Il fut presque tenté de rire de cette ironie. Pûr avait beau s'être placée devant lui, il en avait déjà trop vu pour être épargné. Peut-être était-ce la même réflexion qui avait guidé son bras pour frapper le soldat. Elle, et son véritable adversaire, gardaient un secret qui se devait d'être gardé à tout prix... Cette réflexion ne le rassurait guère. Mais à présent que les hostilités avaient été clairement annoncées, il n'avait de toute façon plus le choix. Il devait se battre pour sa vie, qu'importe le nombre ou l'identité de ceux qu'il devait abattre.

A peine l'épée écarlate ressortie de la poitrine du pauvre hère, les lynx s'élancèrent. Ils étaient quatre, au nombre exact des ennemis restants. Le soldat resté quelques pas en arrière de ses compagnons ne put résister à la charge. Il fut renversé par le simple élan du fauve, qui pesa de tout son poids sur sa poitrine pour l'immobiliser au sol.
Deux autres félins offrirent une diversion en or pour la combattante, prenant à parti chacun un soldat. Ceux-là s'étaient remis de la surprise et de la subite et violente mort de leur camarade, et ne se laissèrent pas avoir aussi facilement. Combattre contre un fauve était toutefois bien différent que de faire face à un homme en armure. Malgré l'absence de protection, l'agilité de ceux-ci empêchait la moindre lame d'effleurer leur fourrure.
Le quatrième fut le moins chanceux. Bondissant sur l'homme à l'aura contre-nature en arrière-plan, il fut durement repoussé par le bras de celui-ci. Il dégagea une onde violacée en rencontrant le flanc de l'animal, et ce dernier fut projeté en arrière, percutant le mur dans un bruit lourd et mat. Il retomba sur les dalles, conscient mais étourdi par le choc. Il put seulement fixer son ennemi d'un regard glacial et mauvais, avant de pouvoir tenter à nouveau de se relever. Pour l'atteindre, il allait devoir faire preuve d'un peu plus de ruse et de subtilité...

Derrière Pûr, le jeune homme ressentit le contre-coup de la réplique. Quoiqu'il soit, cet homme était un adversaire redoutable, et aucune faiblesse ne devait lui être dévoilée... Il ne flancha pas, et leva les yeux vers les soldats proches. Vu la puissance de la volée qui avait transpercé leur collègue, il ne doutait pas un seul instant que la jeune fille puisse venir à bout des trois autres en un temps record. Mais il sentait aussi qu'en ce qui concernait le dernier, elle ne pourrait faire autrement que de mettre sa fierté de côté et accepter son aide. En attendant, il la laisserait faire...
Elle n'était guère plus qu'une gamine à ses yeux... Pourtant, elle avait visiblement une expérience au combat bien plus élaborée que la sienne, elle était une véritable guerrière qui regardait la mort en face sans ciller. C'était tellement inimaginable... Son expression maintenant, était presque plus effroyable que si elle avait manifesté la moindre exaltation, le plus petit plaisir à tuer... Mais son regard était juste... vide. Etait-ce seulement une apparence ? Il craignait d'imaginer la vie passionnante qu'elle devait mener dans le cas contraire...
Laissant cela de côté pour plus tard, s'il avait jamais l'occasion d'y repenser, il se concentra sur son ami à terre. Avec son aide, le fauve allait pouvoir se relever et continuer le combat. Il ne serait pas de trop dans cette affaire, et lui craignait bien de ne pouvoir compter que sur ses frères...
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MessageSujet: Re: Une légende oubliée   Ven 19 Juil - 12:01

Alors qu'elle s’attendait à combattre seule, Pûr vit tout à coup les lynx se jeter sur les gardes et sur le Spectre et, alors que ceux-ci mirent en difficulté les gardes le lynx s'occupant du Spectre reçu une puissante attaque et s'écrasa contre un mur de la ruelle. Suite à quoi le Spectre eu un rire fou.

"Eh bien, tu as un allié intéressant chevalier !"

Pûr se contenta de fixer le Spectre, maintenant que les trois autres gardes étaient occupés elle pouvait s'attaquer directement à lui sans soucis. Cependant elle pensa qu'avoir avec elle les quatre lynx d'Eryl pourrait être d'une grande aide, aussi s’empressât elle de venir frapper un des deux gardes luttant encore, lui tranchant toute la longueur du dos avec Efreet. Le garde eut un cri de douleur et de surprise avant de s'écrouler en avant, ce coup avait très certainement pris la vie du garde.
Elle tourna ensuite son regard vers le seul défenseur de la ville qui luttait encore, n'oubliant pas tout de même de vérifier où était le Spectre d'Hadès.
Celui-ci avait visiblement profité d'avoir mis hors combat son lynx pour un moment et du fait que le Chevalier du Phénix se soit concentré sur un garde pour charger rapidement dans sa direction, venant la frapper violemment au torse en créant une petite explosion violacée.
Pûr subit le coup de plein fouet, une partie de son armure au buste vola en éclats et la jeune fille fit un vol plané avant de venir s'écraser pas très loin d'Eryl. Elle grimaça puis essuya doucement le filet de sang sur ses lèvres, visiblement elle avait l'habitude de prendre de tels coups. Elle se releva ensuite lentement, retrouvant son air imperturbable avant de se retourner vers le Spectre qui riait aux éclats et s’apprêtait à attaquer le second lynx qui était à côté de Pûr avant le coup.
Si Eryl était assez attentif aux dégâts que l'armure de la jeune fille avait subit, il pourrait voir que celle-ci commençait très lentement à se réparer seule, de tout petits morceaux semblant réapparaitre pour combler le trou dans l'armure.

"Je crois que je vais avoir besoin de vous."

Cette phrase s'adressait clairement à Eryl, même si la petite regardait toujours le Spectre, espérant qu'il ne viendrait pas à bout du lynx aussi rapidement que le premier.
Il n'y avait pour l'instant aucun signe de fatigue de la part de Pûr, malgré le coup qu'elle avait subit elle gardait son calme et respirait calmement. Cependant les sens de l'homme-lynx ne pouvait pas être trompés si facilement, la petite n'était pas aussi en forme que ça.
Pûr se remit lentement en garde, puis chargea directement le Spectre pour prêter main forte au lynx qui l'affrontait, la jeune fille frappa avec son épée de flammes. Mais le Spectre dévia son premier coup, répliquant ensuite avec nouveau coup dirigé vers la partie du torse de la jeune fille qui n'était plus protégé. Cette fois cependant Pûr para le coup et l'explosion n’eut d'autre effet que de projeter légèrement la petite en arrière, celle-ci se rétablissant facilement sur ses jambes avant de revenir à la charge et de frapper à nouveau son adversaire. Si elle ne pouvait pas toucher le Spectre, le Chevalier du Phénix espérait pouvoir créer une ouverture afin que son allié puisse frapper le serviteur d'Hadès.
Les coups répétés de Pûr étaient quasiment tous parés ou déviés, seul un ou deux avaient atteint l'armure du Spectre, y laissant des légères fissures. A l'opposée, Pûr avait de plus en plus de mal à parer les coups de son ennemi, celui-ci frappant beaucoup avec beaucoup plus de force que la jeune fille, faisant exploser les gants de l'armure de celle-ci et détruisant une de ses épaulières.
Pûr ne montrait cependant toujours aucun signe de fatigue et on ne pouvait toujours pas lire la moindre émotion sur son visage. Un œil attentif pouvait cependant voir que les flammes de son épée commençaient à grandir et que les coups de la jeune fille étaient de plus en plus rapide et de plus en plus précis, forçant le Spectre à n'être concentré que sur la parade et la riposte.
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MessageSujet: Re: Une légende oubliée   Ven 26 Juil - 9:24

Mais dans quoi je me suis fourré... Le soldat ne s'attendait vraiment pas à se retrouver face à une meute de lynx et une jeune fille tout feu tout flamme en entrant dans cette ruelle... "Capturer les fauteurs de trouble" avait été le seul objectif annoncé par le lieutenant... L’homme se rendait bien compte à quel point cela le dépassait... à quel point il avait été trompé. Son chef savait parfaitement ce qu’il faisait, c’était devenu évident, devenant lui-même bien plus effrayant que leurs adversaires du moment...
Deux de ses compagnons étaient déjà tombés, le troisième ne tarderait pas s’il ne se bougeait pas rapidement... Les lynx n’avaient pas l’air de faire dans la dentelle, et même si aucun d’eux n’avait pour le moment porté le moindre coup direct, il ne doutait pas qu’ils en étaient parfaitement capables...


- Thoros, relève-toi, bordel !

Il fallait que son collègue se reprenne... Ou il allait mourir, aussi facilement, pitoyablement et inutilement que Kitas et Malau.

Lui-même, tenait à la vie. Et alors qu’il repoussait une fois de plus le fauve, donnant des coups de glaives inutiles dans sa direction, il voyait du coin de l’œil la fillette au feu mortel s’approcher... C’en était fini de lui, elle allait le trancher, comme les autres avant lui... Il se prépara pour un dernier assaut, s’il mourrait, il le ferait au moins avec honneur...
Mais la question ne se posa pas, car son lieutenant aux pouvoirs ravageurs s’interposa. Le guerrier savait à présent qu’il ne le faisait nullement pour lui sauver la vie, ni même pour lui gagner du temps. Cet homme, s’il était seulement un homme, suivait ses propres intérêts et se moquait bien d’envoyer ceux qui lui obéissaient à l’abattoir.
Ce fut à cet instant, très certainement, que le soldat décida de ne pas sacrifier sa vie pour lui. Il avait juré de protéger sa patrie, pas de mourir dans une ruelle pour le compte d’un homme sans scrupule.

Étrangement, alors qu’il s’attendait à essuyer une riposte du félin, lequel aurait largement pu profiter de ces quelques instants où il se concentrait sur autre chose, ce dernier se contenta de le regarder. Posté en face de lui, il avait la nette impression qu’il l'étudiait...
Ce fut fugace, car son chef venait de se retourner, après avoir dégagé son adversaire assez loin pour s’occuper d’une proie plus facile... Le lynx bondit en direction de sa nouvelle cible, laissant l’homme stupéfait et abasourdi, qui ne croyait pas en sa chance...

Le guerrier ne perdit pas un instant et se précipita vers celui qu’il avait interpellé plus tôt, sur lequel le lynx était toujours couché, sans montrer de signe évident d’hostilité. Il avait déjà constaté que si l’homme faisait mine de bouger, le fauve lui montrait les crocs, mais devant la frayeur évidente de celui qu’il immobilisait, il n’avait guère besoin de plus pour le maintenir en respect.
Cependant, lorsqu’il approcha, le félin se décala tout simplement, libérant la respiration du soldat, et permettant ainsi à celui qui arrivait, à sa plus grande surprise, d’aider à relever son collègue. Il n’eut plus qu’à le soutenir et l’entraîna plus loin, espérant qu’il se reprenne suffisamment pour continuer le chemin seul. Il était hors de question qu’ils restent ici...

Mais, le guerrier en était parfaitement conscient, le danger était plus présent que jamais maintenant qu’ils lui tournaient le dos, et s’ils ne parvenaient pas rapidement dans la rue fréquentée, il ne donnait pas cher de leur vies... Qui, dans ce combat singulier, aurait intérêt à les laisser partir ? Ils avaient tout de même plus de chance en fuyant qu’en s’exposant aux coups enflammés, et bien qu’ils comptaient un ennemi supplémentaire à présent, il fallait qu’ils tentent leur chance...


***
Le lynx étourdi s’était rapproché du mur. Suivant le conseil de l’esprit qui l’avait touché, il s’était finalement couché, en relative sécurité, et avait fermé les yeux... Dans quelques instants, il pourrait se relever. Dans quelques instants il retournerait combattre.

***
Rien de ce qui se passait dans cette ruelle n’était ordinaire...

- Eh bien, tu as un allié intéressant, Chevalier !

Il ne croyait pas si bien dire... Le jeune homme ne s’était pas encore engagé au combat. Et, pendant que Pûr occupait toute l’attention de leur ennemi, il observait, avec une certaine indolence, les hommes qui reculaient, préférant la vie à un affrontement perdu d’avance. Il s’agissait là, pour lui, d’une forme de courage. Car il en fallait pour sciemment désobéir à son supérieur, et risquer le courroux d’une personne possédant de telles capacités.
C’est sans regret qu’il les laissait partir. Cela ne pouvait que constituer un avantage pour eux, deux adversaires en moins et deux alliés ainsi libérés. Et maintenant que ces soldats avaient perdu toute envie de les affronter, il ne trouvait aucun intérêt à leur forcer la main...

Plissant les yeux en regardant son adversaire, les pupilles arrondies dans la pénombre, il le distinguait parfaitement. Il sentait aussi cette énergie malsaine qu’il dégageait, à chaque coup échangé avec Pûr. Celle que lui opposait la jeune fille, était, en comparaison, d’une incroyable finesse, mais semblait ne pas suffire à contenir la force colossale.
Tous sens aux aguets, il serra les poings. Ses frères s’étaient positionnés, et dans le dos de l’homme, ils étaient prêts à passer à l’assaut. Lui, attendait simplement le bon moment... Une frappe de plus de la rouge, une de l’homme sombre... Il relevait le bras... Maintenant !

Parfaitement synchrones, les trois alliés s’élancèrent. Lui avec ses poings gantés d’acier, les félins tous crocs et griffes dehors. Leur adversaire, trop accaparé par les attaques de la jeune fille qui s’enchaînaient sans faillir, ne put résister à cette charge soudaine et concertée.
Déchirant l’uniforme fragile aux couleurs de Delphes les griffes s’enfoncèrent dans les interstices de la cuirasse ainsi révélée, aussi sombre que son propriétaire. Les crocs cherchaient le cou mal protégé de l’homme, prêts à se resserrer autour des veines et artères palpitantes...
Les poings s’abattirent, légers en comparaison des coups d’épées enflammés, mais l’un frappa à la jointure de la mâchoire, qui se déboîta dans un craquement sonore, l’autre visa le plexus, où l’armure laissait place à une articulation souple, dont le seul but était de laisser au porteur de l'armure une certaine liberté de mouvement. Mais ce point faible de l’armure avait été exploité à son plein potentiel.

Le souffle coupé, la mâchoire et le dos en sang, l’homme recula de quelques pas, pour mieux contrer de nouveaux assauts. Le jeune homme qui avait donné l’impression de rester passif jusque-là s’était reculé immédiatement après le coup porté, permettant à sa compagne de ne rien perdre de son élan tout en n’ayant aucunement le besoin de se soucier du sort de son allié.
Les lynx en revanche, ne craignant guère un dégât collatéral, étaient restés dans son dos, et s’accrochaient profondément dans les failles de son plastron, tentant de gagner en hauteur pour mettre à portée la gorge fragile. Il devait s’en débarrasser avant qu’ils n’y parviennent.

Grognant, le guerrier se replia sur lui-même, et, lorsqu’il s’étira à nouveau, poussant un hurlement bestial, l’énergie qui l’habitait pris en ampleur et se déploya tout autour de son corps comme une explosion, qui repoussa brutalement les animaux. L’un fut projeté, trop proche, contre un mur, et s’affaissa, les os brisés. Yeux clos, il ne les rouvrirait sans doute jamais.
L’autre fut propulsé dans le sens de la ruelle, et réussit tant bien que mal à se rattraper sur ses pattes. Sa fourrure était cramoisie, l’onde n’avait guère épargné ses tissus, aussi tranchante que des lames de rasoirs lors de la poussée. Ses pattes saignaient abondamment, la plupart des griffes du fauve étaient restées accrochées entre deux plaques d’armure, le choc avait été trop brusque et trop violent pour qu’il n’ait ne serait-ce que le temps de les retirer.


- Je vois que les Chevaliers d’Athéna se battent avec honneur... Un contre quatre, cela ne vous gêne donc pas ?

L’homme riait, malgré le mauvais coup qu’il venait de prendre. Il ne le supportait pas... Aveuglé par une douleur qui n’était pas vraiment la sienne, le visage du jeune homme était crispé en un rictus aussi animal que malveillant. Le cuir craqua sous le serrement excessif de ses poings, mais il était bien trop sensé pour s’élancer impulsivement sans prendre un temps de réflexion. Il avait repéré les points faibles de l’armure de son ennemi, et ce dernier avait compris que cette perspicacité faisait partie des atouts de ce second adversaire.

C’est peut-être en voyant l’expression du jeune homme, comprenant que mettre à mal ses animaux le mettaient hors de lui, peut-être comme une provocation supplémentaire, par esprit de vengeance, ou peut-être de façon totalement gratuite, que le guerrier décida de se montrer cruel. Profitant de ce bref répit, il s’était retourné, d’un coup, sans que rien ne permette de le prévoir.
Un mot fusa comme une insulte en direction des deux fuyards, qui n’avaient pas encore eu le temps d’atteindre le premier virage. Et en même temps, l’énergie de l’homme embrassait sa main, et fila, plus vite que l’œil ne permettait de le voir, sous la forme d’un éclair violacé.


- Lâches !

Avant que quiconque n’ait pu réagir, l’éclair noir avait frappé de plein fouet le dos de l’homme le plus faible. Il s’écroula, sans même avoir l’occasion d’avoir peur, tandis que le visage de l’autre se décomposait sans pouvoir l’aider à se relever. Ne pouvant plus rien faire pour secourir son ami, il courut, avant qu’un autre sort ne l’atteigne... Le voyant disparaître au coin de la rue, le guerrier se retourna prestement vers ses véritables adversaires.
C’est avec une certaine satisfaction qu’il observa le regard bleu acier devenir haineux. Mais le jeune homme se protégeait de toute action inconsidérée, et restait glacial malgré les émotions qui l’avaient envahi. Il ne faisait aucun doute qu’il se ressaisirait rapidement, et que sa motivation à combattre n’en serait que plus grande. L’homme n’avait fait qu’attiser sa détermination farouche, lui donnant une véritable raison de l’affronter... Il comprit son erreur : car son adversaire, ainsi, n'en serait que plus efficace. Au bout du compte, ce n’était certainement pas le meilleur calcul...
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MessageSujet: Re: Une légende oubliée   Lun 29 Juil - 17:00

Frapper, encore et toujours, donner une opportunité à son allié. Pûr était concentrée sur cet objectif et fut plus que ravie de voir qu'Eryl venait lui prêter main forte. Elle recula légèrement lorsque les lynx se jetèrent sur le Spectre avant de venir le frapper violemment au genou droit, faisant voler en éclat la protection à ce niveau et provoquant un horrible craquement, ayant très certainement brisé l'os de l'ennemi.
Tout à coup le Spectre créa une explosion tranchante autour de lui, repoussant les lynx ainsi que le Chevalier du Phénix, Pûr réussi cependant à se protéger à l'aide d'Efreet et ne subit quasiment aucun dégâts de cette attaque.

- Je vois que les Chevaliers d’Athéna se battent avec honneur... Un contre quatre, cela ne vous gêne donc pas ?

Pûr fixa son adversaire, elle n'avait aucune raison de répondre à cet être corrompu par le Seigneur des Enfers. Elle chargea un peu plus de cosmos à l'intérieur de sa lame enflammée, le prochain coup devait être assez puissant pour mettre le spectre en grande difficulté.
Celui-ci eu pourtant une réaction étrange, au lieu de rester concentré sur le combat, il se tourna vers les deux derniers gardes qui fuyaient et hurla avant d'utiliser son cosmos pour en tuer un d'un éclair noir.

- Lâches !

C'était exactement le genre de déconcentration que Pûr attendait, elle se jeta rapidement sur le Spectre et le frappa au niveau du ventre tout en relâchant le cosmos à l'intérieur d'Efreet.

"Eruption !"

Son adversaire eu à peine le temps de bloquer la lame que celle-ci explosa. Le chevalier et le spectre furent les seuls touché par la déflagration, cependant, alors que Pûr ressorti complètement indemne des flammes, le spectre lui avait désormais une énorme entaille sur son plastron et on pouvait voir une énorme trace de brulure sur son torse.
Il tenait maintenant sa blessure, le visage déformé par la douleur et la colère.

-Je vais te tuer chevalier !

Le spectre utilisa à nouveau le même éclair noir qu'il avait lancé sur les gardes, mais en direction de Pûr cette fois. Mais si cette attaque marchait sur un simple humain, contre un serviteur d'Athéna ce n'était pas aussi simple. Pûr confronta son cosmos dans la lame enflammée avec celui de l'éclair et réussi à dévier l'attaque contre l'un des murs de la ruelle qui explosa. Le Spectre continua cependant à s'acharner sur la jeune fille, lui envoyant un autre éclair que la petite dévia de la même manière, endommageant un peu plus la ruelle.

-Meurs ! Meurs !

Le serviteur d'Hadès n'avait maintenant plus d'yeux que pour le Phénix, continuant à utiliser son cosmos pour tenter de la frapper avec un éclair noir, cependant il était désormais trop fatigué pour que son cosmos dépasse celui de la jeune fille qui continuait à dévier chacune de ses attaques, soit vers un mur de la ruelle, soit vers le ciel.
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MessageSujet: Re: Une légende oubliée   Mar 30 Juil - 12:58

Le sens de la provocation du soldat avait visiblement échappé à Pûr. Mais son moment avait été particulièrement mal choisi. Ajouté à cela la réaction du jeune homme qui n’était pas tout à fait celle qui l’attendait, cela faisait de son geste une grossière erreur. Et la Chevalière avait su tirer un profit immédiat de cette faille, élargissant la brèche à l’aide de son épée enflammée. Mais l’homme renouvelait maintenant une maladresse qui lui avait déjà coûté.
Son orgueil était bien trop éloquent pour échapper à l’œil vif qui ne le suivait dans tous ces mouvements. Par deux fois, sa vanité l’avait trahi, par deux fois, chacun des alliés lui avait fait payer la trop grande concentration qu’il mettait à combattre un adversaire unique.

Légèrement en retrait, il attendait donc de nouveau, comme redevenu passif face à ce qui se produisait. Il n’en était rien en réalité. Car il se préparait mentalement, refluant la rage animale qui l’avait envahi pour retrouver le calme froid et calculé du félin. Il ne lâchait pas son ennemi du regard, c’était à présent devenu presque personnel. Pendant ce temps, les lynx restant léchaient leurs plaies, le plus lointain se relevant enfin pour rejoindre ses congénères, prêt à un nouvel assaut.

Il faisait le compte, voyant que la jeune fille carmin commençait à épuiser son adversaire. Il s’agissait de ne pas prendre un de ces éclairs noirs qu’elle venait de dévier, ou encore, pire, un coup perdu d’une épée de feu qui semblait embraser l’air lui-même.
Une fois ses alliés rassemblés, il approcha, de concert avec eux. Les lynx étaient de nouveau au nombre de trois, l’un d’eux encore intact, n’ayant participé à l’affrontement précédent, ils calquaient leur pas sur celui qui les avait appelé, et se tenaient parés, sans avoir besoin de signal.

La fille écarlate se contentait à cet instant de parer les coups, déviant chaque attaque avec une précision effarante. Visiblement, elle faisait cela dans le but de laisser une ouverture à ceux qui combattaient à ses côtés, et le jeune homme allait saisir sa chance. Ce fut juste après qu'elle laisse éclater une fois de plus un trait noir contre un mur qu’il choisit d’agir.
L’épée de la Chevalière suivait son chemin dans l’air, chemin qu’il avait étudié autant que les attaques de leur adversaire pour en prévoir la trajectoire et ainsi passer entre les assauts ennemis comme alliés. Avant qu’elle ne s’abatte de nouveau, le jeune homme était sur lui, et le guerrier ne put que regarder la lame claire s’enfoncer dans son abdomen, alors que sa jumelle tentait d’entamer son gorgerin.
Aussi vite qu’il était intervenu, l’imprévisible avait reculé, laissant une large entaille sous les côtes, prolongeant la brûlure provoquée par le Chevalier. Il regarda cette dernière saisir l’instant et envoyer son épée sur cette faille qui s’élargissait de plus en plus, alors que ses propres alliés allaient, à leur tour, à l’assaut.

Le lynx qui avait été privé de ses griffes aux pattes avant, s’élança le premier. D’un mouvement sec du bassin, il bascula avant d’atteindre le dos de l’homme, et donna un violent coup de rein à l’endroit exact où ses griffes étaient restées plantées. Il en résulta que ces dernières s’enfoncèrent complètement entre les deux plaques d’armure, et se coincèrent à l’intérieur. Piégées ainsi, elles ne laissaient aucune protection à la peau face à leur tranchant acéré. Chaque mouvement de l’homme deviendrait une torture, provoquant lui-même les blessures dont elles seraient responsables. Et cela arriverait immanquablement, car il ne pouvait se permettre de rester immobile.
Les deux autres félins bondirent à leur tour. L’un plus en forme que l’autre parvint à accrocher l’épaule du guerrier, tandis que l’autre agrippait son genou. Si leurs griffes et leurs crocs ne pouvaient percer le métal, ils pouvaient en revanche toujours attaquer les jointures plus fragiles. Leur poids, également, pouvait faire basculer la balance, l’homme se retrouvant en déséquilibre et forcé de compter avec eux pour se maintenir debout. La gravité pouvait devenir, à son tour, une alliée inattendue et puissante.


- Arrêtez !

La voix qui s’était élevée venait de l’entrée de la ruelle, où l’homme qui avait fui se montrait à présent, portant le bouclier de son collègue en plus du sien. S’il savait que ce simple métal ne retiendrait aucune des attaques auxquelles il venait d’assister bien longtemps, il lui permettait au moins d’approcher dans une relative sécurité.
Son supérieur profita de la diversion pour dégager le fauve qui lui chatouillait le genou, d’un coup de pied latéral. Mais il ne peut en profiter plus longtemps, car il sentait l’un des crocs du second lynx contre sa carotide, ayant réussi à percer la protection fine du cou que la dague avait déjà fragilisée. Tenu en respect, il tomba à genoux. Et alors que ses ennemis avaient suspendu leurs gestes pour regarder approcher l’humain, il ne put que les imiter.

Le soldat qui venait droit sur lui n’était pas un allié. Celui-ci avait déjà trop perdu, et son regard s’était assombri d’une rancœur qu’une seule chose pourrait soulager. N’osant pas bouger plus avec la menace du fauve sur sa gorge, il se permit malgré tout un sarcasme. Toute cette situation, après tout, prêtait vraiment à rire.


- Alors, Athos, on veut venger ses amis ?

Le jeune homme en arrière de la scène dévisagea l’homme qui venait de parler. Il riait ? Malgré cette situation désespérait, il trouvait encore le moyen de rire ? Il y avait bien plus de six façon dont cela pouvait arriver, mais une chose était à présent clairement dessinée : cet homme allait mourir. Mais il riait en regardant l’ombre de la mort arriver, comme si ce n’était rien... ou pire, une vieille connaissance... Cette intuition le mit mal à l’aise. Dans ce monde où ils vivaient, cela n’était pas impossible... Trop de choses lui échappaient encore.

Dans ce temps suspendu, l’homme reprit.


- C’est une bien belle chose, que la vengeance.

Le soldat pointait à présent son épée sous la gorge, la pointe plongée dans la même brèche où c’était plantée le croc du lynx. Celui-ci s’était en conséquent retiré, laissant l’humain prendre sa place en guise de menace. Il restait toutefois dans son dos, avec les autres fauves. Un seul bond suffirait à enfoncer la lame dans la gorge, si le prisonnier manifestait la moindre envie de s’échapper.
L’œil du guerrier brillait d’un éclat mauvais, sûr de lui.


-Dites-lui, Chevalier, ce qu’il lui coûterait de prendre ma vie.

Le jeune homme regarda sa compagne. Le soldat, lui, regardait toujours son supérieur avec un air de défiance, une haine malsaine qui s’insinuait dans son esprit. Il n’était pas assez idiot pour se laisser distraire aussi facilement, mais pas fou non plus au point d’exécuter aveuglément cet homme sans prendre en compte le jugement de ceux qui l’avaient assez affaibli pour rendre cela possible. Que risquait-il, sinon la mort ?
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MessageSujet: Re: Une légende oubliée   Dim 4 Aoû - 21:10

Le chevalier du Phénix continuait de dévier les éclairs noir du Spectre, attendant l'intervention de son allié. Lorsque celui-ci décida enfin d'agir, se lançant avec l'aide de ses lynx à l’assaut de leur adversaire elle suivit le mouvement. Elle profita du surnombre pour frapper à nouveau la blessure qu'elle avait créé pendant que les lynx et Eryl créaient de nouvelles blessures, laissant le Spectre à la merci du chevalier. Elle leva lentement son épée et s’apprêtait à l'abattre sur le cou de son ennemi quand elle entendit le cri du soldat qui avait réussi à s'échapper.
Il était revenu, et avait visiblement l'intention de venger ses camarades tombés au combat à cause du serviteur d'Hadès. Athos, c'était visiblement son nom, l'homme devait avoir une trentaine d'années et malgré son expérience en tant que garde de Delphes il n'avait surement aucune connaissance de l'existence des saints ou des spectres.
Le serviteur d'Hadès était clairement entrain de narguer le soldat de Delphes, affichant un sourire malgré la situation, interrogeant même Pûr sur l'avenir du soldat si celui-ci mettait fin à la vie du spectre.

"Vous devez vraiment avoir confiance en votre maître, qu'est-ce qui vous assure qu'il vous accordera un retour parmi les vivants ?"
Pûr posa ensuite son regard sur Athos, l'homme qui avait vraiment l'air déterminé à en finir avec son ancien capitaine.
"Si vous le tuez il reviendra surement se venger. Mais qui sait, il vient d'être vaincu par un "bronze", un humain et quelques animaux, cela ne plaira surement pas à son maître."

A ces mots le spectre grimaça, il avait en effet été vaincu par ce qui devait être la chair à canon d'Athéna et un homme qui malgré un contrôle évident du cosmos n'aurait pas du lui poser de problèmes.

"Si nous ajoutons à cela le fait que celui qui l'a renvoyé d'où il vient est un "faible" serviteur de son ennemi, il ne devrait surement pas être capable de revenir exercer sa "terrible" vengeance sur vous ou votre famille."

Pûr fixait le soldat et le spectre tour à tour tout en parlant, observant les réactions. Alors que le spectre avait l'air de plus en plus énervé le soldat lui restait étonnement calme, il réfléchissait surement à ce qui était le mieux à faire dans cette situation totalement nouvelle pour lui. Il prit finalement une profonde inspiration et retira l'épée qu'il pointait sur la gorge du spectre.

"Je suppose que tout ce qui se passe ici me dépasse... Vous m'assurez qu'il ne reviendra pas s'en prendre aux miens si je vous laisse l'achever ?"

"Non, ce n'est qu'une supposition. Mais sachez juste que le tuer vous ne ferait que lui donner une raison de plus pour venir vous faire regretter votre trahison."

Athos pris un nouvel instant pour réfléchir puis hocha finalement doucement la tête avant de se retourner et de commencer à s'éloigner.

"Je ne veux plus jamais entendre parler de cette histoire, je veux oublier ce qui est arrivé ici... Il est à vous."

Pûr hocha la tête puis posa son regard sur le spectre. Son visage n'affichait toujours aucune expression.

"Tu es prêt à justifier ton échec auprès de ton maître ?"
Le chevalier leva son épée de flammes tout en parlant, le spectre lui affichait un sourire un peu moins convaincant qu'au début, son maître allait-il vraiment lui refuser une résurrection ?
Il n’eut pas le temps de terminer sa réflexion, la jeune fille venait d’abattre Efreet sur son cou, faisant voler sa tête à travers la ruelle.

Pûr prit un petit moment pour faire disparaitre les corps qui jonchaient la rue, les faisant bruler à l'aide des flammes d'Efreet. La lame semblait manger les flammes une fois que celles-ci avaient fini de transformer en cendres les corps des malheureux soldats de Delphes ne laissant ainsi absolument aucune traces de ce qui venait de se passer. Après avoir fini son œuvre la jeune fille se tourna vers Eryl, son expression n'avait toujours pas changé.

"Alors, nous pouvons parler maintenant ?"
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MessageSujet: Re: Une légende oubliée   Mar 6 Aoû - 17:08

Les lynx regardèrent le soldat s'éloigner, son glaive toujours à la main mais dirigé vers le sol en signe d'abandon. Malgré ses paroles, le jeune homme avait la nette impression que cette histoire n'était pas tout à fait terminée pour celui qui marchait... Elle ne faisait peut-être même que commencer. Qui savait s'il n'en entendrait-il pas parler plus tard ? Mais pour le moment, l'homme disparaissait au coin de la rue, son sort ne le concernait plus.

Sa compagne faisait le ménage. Sa façon de procéder, autant que celle de mener le combat, lui laissait volontiers croire qu'elle avait l'habitude d'affronter seule ses adversaires, et que sa présence ainsi que celles de ses bêtes l'avaient en quelque sorte gênée. Non qu'elle aie pu refuser une aide extérieure au regard de la situation, elle en ressentait peut-être même une certaine reconnaissance, exprimée à sa manière. Mais son style n'autorisait guère une intervention extérieure, et, si elle lui avait laissé à plusieurs reprises des opportunités, il lui avait fallu maintenir une attention de tous les instants pour les saisir et agir au millimètre près.
Sa propre méthode n'était peut-être pas non plus vraiment réglée comme du papier à musique, ce qui n'avait guère aidé à la coordination, la rendant un brin chaotique. Contrairement au Chevalier, il n'était pas du tout accoutumé à ce genre de situation, pour lui le combat n'avait été jusqu'ici réellement présent que lors d'entrainements plus ou moins corsés. Il n'était pas vraiment à la traîne dans ce domaine, mais combattre dans une arène et dans la vraie vie, en face d'ennemis qui veulent vraiment vous voir mort... il y avait une nette différence. Et, bien qu'il n'en ait pas fait une priorité, il était conscient qu'il devrait remédier à ce problème. Il avait déjà cerné ses propres faiblesses, et si elles demanderaient sans doute du temps pour être comblées, il savait néanmoins par où commencer.

Mais pour le moment...


- Alors, nous pouvons parler maintenant ?

Le jeune homme regarda la jeune fille. Elle paraissait toujours aussi sérieuse, mais pas le moins du monde étonnée ou dérangée par ce qui venait de ce produire. La moindre trace du combat effacée par un art savant et ses flammes, c'était exactement comme si rien ne s'était produit...
Lui, en revanche, n'avait pas oublié. Ses lynx blessés s'étaient rapprochés de lui, et leur douleur le transperçait encore. Il regarda les murs, le sol, cherchant quoique ce soit qu'elle aurait pu oublier... Mais ne trouva rien. A par elle, les fauves encore vivants et lui-même, tout avait disparu.


- Oui. Mais pas ici.

Trois de ses frères étaient maintenant couchés à ses pieds. Cet endroit gardait une ambiance qu'il trouvait malsaine, comme si les bruits résonnaient encore dans les échos de la ruelle déserte, alors que la plus petite goutte de sang en avait été retirée.
Il s'accroupit pourtant avant quoique ce soit d'autre, et caressa ses animaux un à un. Le plus blessé de tous ronronna lorsqu'il sentit le contact chaleureux du jeune homme, puis son corps s'évapora, rendant une infime part de son énergie à celui qui le touchait. Les deux autres eurent aussi droit à ce geste attachant, mais restèrent plus longtemps au côté de leur maître, pour s'étioler à leur tour, retournant d'où ils venaient.

Se relevant ensuite, récupérant au passage la cape que le feu avait - miraculeusement ? - épargnée, le lynx fixa ses pupilles arrondies dans celles de Pûr, qui étaient, malgré son apparence aux couleurs chaudes, aussi froides que les siennes. Il considéra sa compagne quelques instants, sans rien exprimer qui soit évident. Ses lames avaient rejoint leur fourreau, ses alliés avaient rétracté leurs griffes... mais lui restait toujours aussi sauvage, et une méfiance supplémentaire s'était ajoutée dans son évaluation. Il ne faisait pas confiance facilement, cela, le Chevalier l'avait déjà compris. Mais malgré - ou peut-être à cause de - ce qu'ils venaient de partager, il gardait ses distances.

Il se retourna, faisant mine d'avancer. Puis s'arrêta, et, sans regarder en arrière, attendit que la jeune fille se mette à sa hauteur pour repartir.
Son seul but évident était de sortir de cette impasse. Pour la suite, il aviserait. Sortir de la ville serait sans doute une bonne option. Sans aucun corps comme preuve, il faudrait du temps pour porter les hommes disparus, et il était difficile, voire impossible de savoir ce qui leur était arrivé... Faire le lien avec leur étrange couple serait également hasardeux. A moins que le soldat survivant ne témoigne... Mais il doutait que ce dernier ne s'y risque avant d'avoir laissé couler l'eau sous les ponts pendant quelque temps.
Cependant, rien de prouvait que d'autres patrouilles n'étaient pas déjà lancées à leurs trousses... Et allez savoir ce qui leur tomberait dessus la prochaine fois.

Comme précédemment, il posa sa cape sur les épaules et les cheveux de Pûr, et fit lui-même profil bas une fois arrivé dans l'artère principale. Il resta dans les coins d'ombre afin que ses pupilles gardent une forme acceptable.
L'agitation de la ville lui laissait une drôle d'impression. Réminiscence de la bataille, il était suivi par une légère paranoïa, lui faisant croire que chacun de ses voisins pouvait à tout instant sortir une épée pour l'attaquer. Mais tout était calme, et le jour commençait doucement à baisser, en même temps que la population présente dans les rues. Les deux compagnons étaient plus à l'aise pour marcher qu'à l'aller, et aucune odeur ou aura particulière n'éveillait l'alarme de ses sens.

Peu à peu, déambulant dans la ville comme le reste des badauds, il réussit à retrouver un semblant de calme, qui n'était auparavant qu'extérieur. La tension de ses muscles se dissipa, le laissant plus détendu, et par la même, un peu plus confiant en son entourage. Il regarda Pûr, sa nature farouche reléguée un peu plus au second plan. Ainsi, il avait presque l'air humain.


- On peut s'arrêter...

Il savait parfaitement que la jeune fille se fiait à son instinct pour repérer le danger depuis qu'elle s'était aperçu que ses mises en garde étaient justifiées... S'il le disait, c'était qu'ils n'avaient rien à craindre avant un moment. Et d'ailleurs, le jeune homme désignait ce qui ressemblait à une auberge, vers laquelle il l'entraîna bientôt.
Son compagnon avait le nez pour repérer les bonnes tables. L'endroit était propre et bien entretenu, de plus, la fréquentation était encore réduite à une heure qui paraissait encore un peu précoce pour se restaurer. Son choix était compréhensible, si l'on prenait en compte ce qu'il venait de démontrer. Il avait l'odorat sensible et un lieu mal famé aurait tôt fait d'agresser ses narines. Quand à la foule, la manière qu'il avait de s'y déplacer indiquait clairement qu'il n'appréciait pas les grands rassemblements. Il y progressait toujours, soit en restant le plus éloigné possible de la cohue, soit en se faufilant de manière à ne toucher personne.
Invitant la jeune fille à une table vide, il s'installa à son tour en face d'elle. Pour les quelques personnes présentes, ils n'étaient que deux voyageurs de plus. Leur table était assez isolée des autres pour conserver une certaine intimité, sans être totalement à l'écart. Grâce à la clientèle réduite, quelqu'un vint rapidement les voir.


- Que puis-je pour votre service ?

C'était un garçon, aux cheveux bruns et bouclés, habillé assez légèrement malgré le froid qui menaçait au dehors, d'une manière qui soulignait son statut d'éphèbe. Probablement situé dans la même tranche d'âge que Pûr, il aidait ses parents à cette heure où tous les cours et entrainements se terminaient. Il regardait ses clients de ses yeux verts, attendant tranquillement une réponse.

Les yeux bleus d'acier se dirigèrent vers le garçon. Les prunelles agrandies malgré la lueur des flammes donnaient au jeune fauve un air sympathique. Il était à présent beaucoup plus serein, mais pas pour autant plus bavard. Plutôt que de répondre à l'interpellation, il tourna la tête vers la fille en face de lui, lui laissant la première parole, donnant une impression fausse de galanterie.
Il savait toutefois qu'une fois leur commande passée et servie, ils seraient tranquilles pour discuter entre eux sans vraiment craindre d'oreilles indiscrètes.
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MessageSujet: Re: Une légende oubliée   Ven 9 Aoû - 12:45

- Oui. Mais pas ici.

Pûr hocha la tête puis observa l'homme-chat et ses lynx, ils semblaient similaire, pas seulement par leur cosmos mais tout en Eryl semblait le rapprocher de ses lynx. Elle le regarda caresser chacun de ses animaux et elle les vit disparaitre un à un.

"Désolée pour celui qui est mort."

Même si son visage n'affichait visiblement aucun regret, Eryl pouvait sentir que la jeune fille était sincère dans ses propos, elle avait entrainée l'homme-lynx dans ce combat et l'un de ses amis était mort par sa faute. Le jeune homme se contenta de récupérer sa cape et de commencer à partir un peu en avant, le peu de confiance qu'il avait en elle venait visiblement de diminuer grandement.
Elle suivit l'homme jusqu'à ce qu'ils atteignent la sortie de la ruelle, se retrouvant à nouveau dans la foule. Eryl prit alors soin d'à nouveau mettre sa cape sur les épaules de Pûr, relevant la capuche pour cacher les cheveux rouge de la jeune fille.
Le duo marcha un long moment à travers les rues de la cité de Delphes, aucun des deux ne parlaient, ils étaient chacun concentré afin de repérer de potentiels nouveaux ennemis. Pûr regardait parfois à droite ou à gauche, et essayait de repérer un éventuel cosmos inamical, observant chaque habitant qui passait un peu trop près d'eux. Finalement ils ne rencontrèrent aucun ennuis et les deux jeunes gens s’arrêtèrent devant une auberge qu'Eryl avait choisi.

- On peut s'arrêter...

Pûr avait confiance dans l'instinct de son compagnon et n'hésita pas à le suivre à l'intérieur de l'auberge. Celle-ci était bien entretenue et il n'y avait pas tant de monde que ça à l'intérieur, juste ce qu'il fallait. Elle suivit Eryl à travers l’auberge et s'installa à la table qu'il désigna. Elle posa son urne sous la table et enleva la cape d'Eryl pour la mettre par dessus, tentant de la cacher du mieux qu'elle pouvait. Elle tourna ensuite son regard vers le serveur qui approchait, celui-ci marqua un petit temps d'arrêt en voyant la couleur des cheveux de Pûr, ce n'était pas une chose qu'on pouvait voir tous les jours. Le jeune serveur leur sourit finalement et prit la parole.

- Que puis-je pour votre service ?

Pûr observa Eryl, qui l'observa en retour. La petite se tourna alors vers le garçon qui attendait.
"Un grand verre d'eau s'il vous plait."

La jeune fille laissa alors la parole à son compagnon qui passa sa commande. Pûr profita ensuite de l'accalmie une fois qu'ils furent tous les deux servi pour commencer à parler avec Eryl. elle secouait doucement ses jambes sous la table et buvait parfois de petites gorgées de son verre d'eau.

"Donc... Je suppose que vous avez des questions après ce que vous venez de voir. Je n'aurai surement pas du vous entrainer là dedans."

Pûr baissa un peu la tête et soupira faiblement, elle c'était surement laissée emportée par sa curiosité et avait pensée que la première personne dégageant un cosmos non-agressif pourrait l'aider à se renseigner sur tout ce qui c'était passé en son absence à propos de sa mère.
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Eryl

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MessageSujet: Re: Une légende oubliée   Ven 30 Aoû - 2:34

Sobre. C'était le moins que l'on puisse dire de la commande que venait de passer la jeune fille. Elle n'avait demandé en tout et pour tout qu'un simple verre d'eau. Il la regardait alors qu'elle parlait, et prit le temps, à son tour, de réfléchir avec quoi il voulait remplir son estomac. Contrairement à ce qu'elle donnait à voir, le combat lui avait ouvert l'appétit, et même si sa seule envie était de retrouver sa nature sauvage et chasser par ses propres moyens, il pouvait se permettre de temporiser tant qu'il se trouvait en compagnie de la guerrière. Ses yeux glacés rencontrèrent ceux, plus chaleureux mais impressionnés du garçon qui les servait, et se décida enfin.

- Des grattons.

Quant à la boisson, il indiqua imiter volontiers sa compagne. L'eau était la meilleure et la plus saine de toutes, et avait l'avantage de couler de source...

Le jeune homme fut surpris par la demande quelque peu singulière de ses clients, et de la manière dont elle avait été exprimée. Mais son rôle n'était pas de poser des questions, et cela avait l'avantage d'être facile à retenir. Il s'éclipsa donc rapidement, suivi par le regard azur. Quant il revint, ce fut portant un plateau sur lequel étaient posés deux verres, une carafe d'eau et une assiette petite mais fumante, qu'il déposa devant le lynx, laissant les verres et la cruche pleine au centre de la table. Il s'effaça tout aussi rapidement que la fois précédente, comprenant sans que quiconque ait besoin de lui préciser, que ceux-là souhaitaient être seuls. Ce n'était de toute façon pas comme si l'un des deux donnait la moindre envie de rester à côté pour commencer un brin de causette...

L'assiette était simple, garnie de morceaux de couenne grillés. Des morceaux de viande étaient encore attachés à la graisse, rendant le tout plus appétissant, il n'en avait pas demandé tant. L'odeur qui s'en échappait était alléchante, mais le jeune homme se contenta de détailler ce qu'il avait sous les yeux alors que Pûr commençait à siroter son verre. Lorsqu'elle parla, il saisit un des morceaux frits. Il mangea alors tranquillement, sans se presser, et malgré ses manières, il ne laissait pas une goutte de graisse sur ses doigts.
Cela pouvait sembler étrange de sa part de constituer son repas ainsi, de chutes de viande que l'on pouvait difficilement croire comestibles, dont la seule et unique qualité était la graisse qu'elles contenaient. Mais il était rare pour lui de se rassasier d'un plat aussi riche, car même si ce n'était pas facile à découvrir, ses menus étaient ces derniers temps principalement constitués de viande maigre et fibreuse. Ce qui pouvait également expliquer que sa corpulence, que l'on devinait habituellement sèche, frôle la maigreur. Ainsi, il ne risquait guère le surpoids malgré la quantité de friture ingérée. Et l'énergie accumulée serait sans aucun doute utilisée à bon escient. Il compensait seulement un manque qu'il ne trouvait pas toujours le moyen de combler, et ce à moindre frais.
Ce ne fut que lorsque son assiette fut entièrement vidée, et qu'il eut fini de se nettoyer les doigts, que le jeune homme releva les yeux vers son interlocutrice. Elle avait pu le voir manger avec appétit, mais hormis le soulagement et une certaine gourmandise qu'elle avait pu déceler lorsqu'il avait commencé, son expression n'avait pas changé. Elle pouvait cependant être sûre qu'il l'avait écoutée, et qu'elle avait toute son attention. Cet interlude lui avait seulement donné du temps pour trouver ses mots.


- Ce n'est pas ma guerre.

C'était ce qu'il voulait croire, ou du moins, pas encore... Telle était l'expression qui ressortait de ces pupilles entourées de neige. Il ne souhaitait pas la voir s'immiscer dans sa vie, il ne voulait pas y participer. Mais cette chose avait déjà fait irruption au milieu de ses illusions, et qu'il le veuille ou non, cela le suivrait très certainement... Sa volonté était de tout faire pour s'en écarter. Même s'il savait que la curiosité pourrait bien parfois avoir raison de cette prétendue conviction...
Il était dépassé, troublé, et quelque part, perdu... Sans doute bien difficile à distinguer dans son regard, derrière la force volontaire et farouche qui l'habitait, mais Pûr l'avait côtoyé dans des circonstances qui pouvaient peut-être lui permettre de lire entre les lignes. Quelque chose était tapi au fond de lui, un effet pervers, sourd, qui guettait comme une bête sournoise son heure pour bondir à la surface. Quelque chose qu'il n'exprimerait jamais. Ayant fixé la jeune fille depuis déjà assez longtemps, il détourna le regard avant qu'elle ne puisse analyser ce soupçon.

Sans raison, il s'absorba dans la contemplation de l'eau un long moment, puis se servit plusieurs fois, vidant son verre d'un trait, jusqu'à ce qu'il le repose en ayant vidé la moitié de la carafe. Il affichait un air un peu absent, et soudainement très las. Si c'était la fatigue d'après combat qui ressurgissait, ou un sentiment plus profond, cela ne se devinait pas. Il regardait à nouveau Pûr, comme s'il attendait de voir ce qu'elle pouvait bien avoir encore à lui dire.
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