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 [A-45 ]The Past we've lost can't get back (Omg ce titre quoi...)

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Isis no rê
Fonda // Prêtresse d'Hadès//Surplis du Balrog.
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MessageSujet: [A-45 ]The Past we've lost can't get back (Omg ce titre quoi...)   Jeu 20 Juin - 19:04

[ RP datant d'avant la bataille des Thermopiles. soit 10 ans avant la bataille. 45 ans avant aujourd'hui.]


    La belle, la grande la magnifique Sparte!
    Une terre merveilleuse ou rien ne manquait, on aurait dit un petit bout de paradis sur terre, le soleil haut dans le ciel en cette matinée laissait docilement ses reflets traverser les plaines où les animaux broutaient avec sérénité dans leur enclos, accompagnés de leurs bergères déjà à l'ouvrage, retirant la laine de leur bêtes avec une vitesse surprenante, seule à la tache, elles ne redoutaient pas encore les envahisseurs à cet époque, il aurait fallut être fou pour oser s'attaquer à Sparte, seul. Cette cité était la résidance des hommes les plus puissant de la grèce. De sang de sueur et de muscles! Tous préparés dans l'art de la guerre, arrachés à la mammelle de leur mères, les nourrissons étaient soigneusement sélectionnés pour asservir leur cité, leur roi et leur dieu.
    A cette époque, les femmes se mariaient dès qu'elles eussent saignées, leur coupant les cheveux une fois l'engrossement accomplie, il n'y avait aucun dignité d'être une femme à Sparte... si ce n'était être une femme d'art et de combat, une machine de guerre en soit.

    " - Alceste!? "

    Ca? La mère d'Alceste, une femme aux cheveux aussi noir que l'encre avec laquelle j'ose comter ce récit, des yeux d'un bleux azurés à en faire tomber folle de jalousie Héra, une taille féminine, charnel, normal pour une mère ayant enfanté quatre fois. Leur maison se situe à proximité d'un fleuve d'une limpidité extrême ou se baignent les enfant après une bonne journée d'effort. La femme appelle sa fille, désespérée, sans succès. En grognant, elle rentre chez elle, sort un linge blanc ou réside une tache de sang aussi large que fraîche, le met rapidement dans un panier d'osier qu'elle apporte de ce pas aux oracles de la ville afin de connaître son future gendre. Elle a le sourire aux lèvres malgré qu'elle soit folle d'inquiétude, elle jete un regard par dessus son épaule toutes les secondes comme pour chercher sa fille de ses yeux, elle a bien raison.

    A quelque mètres, perchée dans l'arbre collé à la maison, un morceau de bois assez long et rigide dans une main, un couteau dans l'autre, la jeune fille de quinze ans poursuit de son regard émeraude le chemin de sa mère au travers des rues et des maisons qu'elle effleure, un panier d'osier ouvert accroché à son épaule droit perturbe la fillette. Alceste soupire puis repose son regard vers le bois qu'elle a finit de polir et de couper afin de se créer sa propre lance, elle est plus légère, plus noire, bois d'ébène oblige et plus résistance que celles utilisées lors des entraînements. Il fallait dire qu'étant douée d'un sens prodige du combat, la demoiselle s'est découverte une passion plus qu'obsessionnelle pour les armes, qu'importe soit-elle, une fascination qui l'obligeait de se réfugier en haut de ce chêne pour éviter que sa mère ne la trouve et ne confisque les armes. Montant ses yeux d'émeraude vers le ciel, elle répéta les même mots d'usage que sa maternelle, comme pour se moquer de cette dernière.

    " - Alceste ne soit pas stupide les armes c'est pour les hommes! Alceste tiens toi droite et sors ton buste! Alceste donnes moi ce couteau tu vas te blaisser avec! Alceste rentre il fait froid, tu vas être malade! Alceste tu es une fille, ton destin n'est pas... mais maman, mon destin je l'emmerde! Lui, Les moires et ceux qui sont avec ! "

    Ajoutait-elle dans un souffle en mettant le bois de la lance au niveau de son oeil pour soupeser le corps de l'arme et voir les défauts. L'arme était presque parfaite, il ne manquait plus que le silex polis, la tête de l'arme, le plus important dans une lance digne de Sparte. Doucement, sa main petite main frêle vint chercher la branche sur laquelle elle était posée, ses pieds battant dans le vide et sa robe tachée de sang, ses doigts attrapèrent un morceau d'étoffe ou résidait trois petits silexs d'un tranchant parfait, la demoiselle admirait son reflet un court instant, comme subjugée par la lame qui reflétait avec exactitude chaque pigments de son oeil. Sans se couper, elle se saisissait de l'une d'elles et l'emplaçait sur le bois avec délicatesse, le rentrant de deux centimètres. Elle fit la même chose avec les deux autres morceaux avant de se saisir de l'étoffe et de serrer les trois partie et le bois dedans avant d'y faire un gros noeud. L'étape suivante: baigner le linge dans l'eau pour le faire devenir plus résistant et le tremper dans de l'acier pour qu'il tienne infiniment au corps du bois.

    Souriant de toutes ses dents, dont celles qu'elle avait perdu en cours de son enfance, elle sauta de l'arbre, son pied glissant le long du tronc, trouvant à la racine de l'arbre une petite flaque de sang. Grondant à la façon d'un félin, elle ramassa sa robe de lin dans une main et se mit à courir en direction du lac, là ou elle pourrait finaliser son oeuvre en lavant son linge par la même occasion.


image de Alceste a 14ans:
 

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Leonidas
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MessageSujet: Re: [A-45 ]The Past we've lost can't get back (Omg ce titre quoi...)   Mar 2 Juil - 8:09

Léonidas releva la tête en entendant quelqu'un s'approcher. Ce n'était pas tous les jours que quelqu'un s'aventurait par ici à cette heure et c'était bien pour cela qu'il tendait à y pratiquer ses entraînements quotidiens quand il avait besoin de s'isoler. L'idéal était bien sûr de ne point s'y attarder s'il ne voulait pas être dérangé, mais il connaissait suffisamment ces bois que pour en connaître les endroits les plus reculés. La plupart de ses compatriotes ne se risquaient pas aussi loin de peur des dangers qui pourraient s'y terrer mais lui n'avait aucune crainte, car la peur est plus tranchante qu'aucune lame. Dès lors, quand il s'entraînait, seuls les bruits de la forêt lui répondaient – quand ce n'était pas un silence que ne brisaient que ses mouvements plus vifs les uns que les autres. En tant que guerrier, et à plus forte raison que Roi de Sparte, il ne pouvait se permettre de laisser son corps rouiller.

La force était un élément déterminant dans l'échelle sociale de Sparte, au même titre que la bravoure ; qu'il rouille et le respect que ses hommes lui portaient en serait d'autant diminué. C'était d'autant plus vrai qu'il était resté trop longtemps inactif ces derniers temps des suites de la naissance de son fils, laquelle l'avait  sollicité plus qu'il ne l'aurait imaginé. Et s'il n'avait aucun regret à avoir été présent aux côtés de sa femme au moment fatidique et à l'avoir accompagnée dans ce rôle de parent qu'il ne connaissait encore que trop peu dès les premiers instants, ce n'était pas cela qui le maintiendrait en forme. C'était une épreuve, certes, mais psychologique cette fois. Or, c'était à présent son corps qu'il lui fallait dégourdir, son esprit fourmillant quant à lui de mille et une interrogations depuis cet heureux événements.

S'il était évident qu'il avait besoin d'un héritier, il ne savait encore trop comment le vivre et s'était donc renfermé dans ce qu'il connaissait : l'art de la guerre et de la violence. Mais si aucun excès ne l'avait desservi, il ne lui avait pas fallu longtemps pour sentir qu'il était troublé et qu'à ce titre il était préférable qu'il s'exerce seul. Sans cela, il finirait par blesser quelqu'un, et si vaillants soient-ils au combat ce n'était pas une raison pour amoindrir l'un de ses frères sous le seul prétexte qu'il ne savait dominer ses émotions. Ce serait mentir que de dire qu'il n'avait su s'en réjouir, mais cela soulevait aussi de nombreuses questions dont l'ombre n'avait de cesse de lui dévorer le coeur. Il était né pour se battre l'épée au poing et n'avait pas son pareil dans cette discipline, mais pour ce qui est d'élever un enfant ?

Il ne savait s'il en serait capable, ni même s'il en aurait le temps. Car des temps difficiles approchaient, lentement mais sûrement. Et quand ceux-ci surviendraient, il lui faudrait alors être prêt. Prêt à mourir pour sa patrie s'il le fallait. Saurait-il à ce moment-là laisser derrière lui un homme fait, ou n'aurait-il été capable que de fuir cette responsabilité qu'il peinait à cerner ? Il était encore jeune, ou peu s'en faut, et n'aurait pas pensé qu'une telle étape dans sa vie arriverait aussi tôt – même si au plus vite au mieux, ne fut-ce que pour être sûr que sa lignée ne s'éteindrait pas avec lui. Mais la question était de savoir jusqu'à quel point il pourrait chérir cet enfant alors qu'il n'avait que la guerre en tête. Cela ne faisait qu'un an que la couronne de Sparte reposait sur sa tête et le cumul de ces deux nouveautés dans son existence jusque là inchangée provoquait en lui plus  de confusion qu'il n'aurait pu le deviner.

Et se dépenser était la seule solution qu'il ait trouvé pour endiguer les idées noires venant lui farcir la tête dès qu'il avait le dos tourné. Il n'aurait su dire combien de temps il pouvait bien y passer lorsqu'il était ainsi isolé, obnubilé par chaque geste, chaque coup d'estoc, travaillant sa posture méticuleusement pour qu'aucun de ces enseignements ne lui fasse défaut lorsqu'il en aurait le plus besoin. Obnubilé comme il l'était par ce labeur nécessaire, il ne recouvrait toute sa lucidité qu'après plusieurs heures et était alors trempé de sueur. Lorsque c'était le cas, il ne connaissait alors rien de plus agréable que d'aller se baigner dans le lac pour s'y rafraîchir tant le corps que les idées et en sortir régénéré. Ce qu'il avait fait maintes fois sans que personne n'y trouve à redire, ne l'ayant jamais surpris dans une telle situation. Il faut toutefois un début à tout, et celui-ci l'attendait pas plus tard qu'aujourd'hui. Il l'accosta.

C'est une jolie lance que tu as là. Tu l'as faite toute seule ?

On ne trouvait dans son attitude aucune forme de gêne ou de pudeur. D'une part parce qu'il estimait n'avoir rien à cacher, maintenant encore moins que lorsqu'il était vêtu – sans compter qu'à Sparte, les accoutrements étaient les plus souvent légers pour ne pas encombrer et ne nuire en rien à la mobilité. D'autre part, elle ne pouvait rien voir de là où elle était si ce n'est son buste dépassant de l'eau, musculeux à souhait, et le sourire étrangement calme et reposé qu'il lui adressait. Léonidas avait toujours été quelqu'un d'extrêmement chaleureux avec ses pairs, sauf raison contraire. Cela valait également pour le petit peuple, y compris les femmes et les enfants qui avaient à ses yeux tous la même valeur. Ils étaient des habitants de Sparte et en tant que tel faisaient partie de sa famille.

La grande famille qu'il avait juré de protéger, quelles que soient les menaces à venir. Se redressant ostensiblement, il en profita pour étirer son dos qui avait particulièrement pâti de ses manoeuvres du jour. Ceci étant fait, il tendit la main dans sa direction sans perdre cet air avenant avec lequel il l'avait accueillie. Il va sans dire que son village était connu de toute la population spartiate et que même si elle était fort jeune pour réellement s'en soucier, il était probable qu'elle l'ait aperçu au moins une fois. Ses propres effets gisant sur la berge à quelques mètres de là, elle avait ainsi la garantie de n'avoir rien à craindre de lui alors qu'elle-même était solidement armée - et plutôt trois fois qu'une. Une vraie amazone.

Tu veux bien me la montrer ? J'aimerais la voir de plus près. Approche, n'aie pas peur.
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Isis no rê
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MessageSujet: Re: [A-45 ]The Past we've lost can't get back (Omg ce titre quoi...)   Mar 2 Juil - 14:48


    La jeune fille allait bon train au travers de cette forêt luxuriante, ses yeux se perdant dans les verts du bois tandis que son sang se répendait longuement sur le sol, laissant la trace de son passage sur les feuilles et la mousse. C'est à peine si elle rompait le silence religieux de la forêt pourtant, cherchant ici et là de ses yeux avisés les pierres à évier et les branches à esquiver; Même sa respiration sortait à peine entre ses lèvres innocente, trop plongée entre l'action du moment et ses rêveries d'enfant, songeant à la chasse et à la première prise qu'elle aurait du bout de sa lance. Un sanglier, un ours ou un loup des montagnes? Qu'importe ! pourvue que son bras ai la force de tous les transpercer, les uns après les autres! Energique et dynamique la jeune fille continuait de courir sur plusieurs mètres en suivant la course du torrent d'eau de son regard émeraude, évitant de se faire repérer par des enfants jouant déjà au bords du fleuve: elle voulait éviter toute manifestation humaine de ses paires autant que possible, elle savait qu'avec son sang elle risquerait plus de rentrer chez elle que de rester dehors à gambader joyeusement et ça il n'en était alors pas question pour elle.

    Plusieurs fois elle avait hésité, s'arrêtant à quelques centimètres du fleuve pour y repérer un autre de ces enfants nageant après avoir certainement combattus, mais rien fait ni à faire, retroussant ses manches en reprenant le bas de sa robe dans une main, elle continuait de courir, chérissant sa lance de douces idées affriolantes, poussant de ses jambes frêles le sol pour l'y faire bondir plus loin, une véritable chasseresse efficace, une bête dangereuse assoiffée d'aventure et de liberté. Finalement elle poussa le vice d'aller jusqu'à l'extrémité du village, par là-bas elle ne risquerait pas de trouver d'enfants ou de frères d'armes nageant sous ce soleil de plomb, ce pourquoi armé d'un large sourire elle continuait sa course folle entre les arbres et les fougères, alongeants ses foulées pour rattraper le nid de la rivière. Une fois arrivée, elle reconnut tout de suite le fleuve qui s'était agrandit, se préparant à achever son oeuvre, et n'ayant apperçut personne, trop impatiente pour avoir fait attention, la petite Alceste s'était docilement dirigée vers la rive, le soleil la dévoilant de l'ombre des conifères pendant que ses pieds s'acharnaient à battre le bois et les pierres qu'elle avaient délicatement esquivées jusqu'ici.

    Citation :
    C'est une jolie lance que tu as là. Tu l'as faite toute seule ?

    Quelle ne fut pas la surprise de la jeune fille en entendant cette voix douce l'appeler, une voix qu'elle connaissait parfaitement et qu'elle entendait souvent lors de ces entraînements matinales lorsque le vieux maître se retirait derrière le mur pour évoquer le noms des guerriers prêts à partir en quête de leur destin! Ecarquillant les yeux en serrant nerveusement la lance dans sa main, elle serrait ses cuisses pour éviter que son sang continue de couler malgrès la tache sur sa robe blanche qui était déjà bien assez volumineuse. Rougissant de honte et de gêne, elle regardait de droite à gauche en cherchant un moyen pour s'enfuir, quitter cette place pour laisser le roi en paix: Qu'est-ce qui lui avait pris de ne pas faire attention ? Finalement excédée elle observait ses pieds, honteuse, mettant ses deux mains sur sa lance comme une enfant que l'on allait gronder sans vraiment lancer un seul regard au seigneur de Sparte, ses pensés l'accusant éternellement sur ses agissements.

    Citation :
    Tu veux bien me la montrer ? J'aimerais la voir de plus près. Approche, n'aie pas peur.

    Rouge comme une écrevisse, elle soupira en lançant un regard désespéré vers les armes scintillantes du roi à quelques pas d'elle, avant de finalement lever le bout de son nez et observer l'homme puis encore une fois elle regarda à droite puis à gauche, cherchant désespérément une sortie de secours. La situation était d'un gêne pour l'enfant, aussi préférait elle vérifier tout de même si toutes les armres se tenaient sur la rive, elle n'eut pas forcément le temps d'appercevoir autre chose que les vêtements, clignant abusivement des yeux sans vraiment y croire, elle se retourna plusieurs fois entre le roi et les vêtements avant de tilter qu'il était complètement nu en train d'attendre pour sa lance...

    " - Ahhhh! Mais vous z'êtes nu monsieur! Vous d'vez avoir froid! Jfais vite t'endez... "

    D'une traite, elle s'approcha de la rive, s'enfonçant dans l'eau jusqu'à la taille non sans soupirer et blanchir littéralement, l'eau autours d'elle commençait à prendre une couleur rouge... ça ne pouvait pas empirer pour elle, aussi, reculant une jambe, levant sa main droite en joignant les trois silexes à sa main gauche, elle visa exactement à coté de son roi, tandis qu'elle se consentrait elle pu légèrement entendre au loin sa mère continuer de l'appeler. Pinçant les lèvres elle envoya son javelot à coté du roi, elle ne pouvait pas faire mieux, elle ne savait pas nager après tout, et il était hors de question pour elle d'aller plus loin dans ces eaux cristalines alors qu'elle risquait de tout salir! Et pire, de se faire rattraper par sa mère qui elle, savait nager! Sans parler du souverain qui semblait être comme un poisson dans l'eau. Attendant le verdicte, elles se campa sur ses jambes, impatiente, pendant que sa mère avançait dans les buissons, sans doute qu'elle la trouverait rapidement! Et à entendre le bruit de celle-ci, elle ne tarderait pas à arriver, ce qui fit grimacer la jeune fille, qui sans plus attendre, sortit de l'eau pour se diriger vers les armes de son roi pour se saisir de la lance volumineuse, qu'elle eut du mal à retirer du sol: Il ne falait jamais parcourir les forêts sans armes, et comme Léonidas était en pleine possession de la sienne, il était tout à fait normal qu'elle se saisisse de la sienne, c'était un échange équitable, tout à fait! Il restait juste un petit détail à régler, le problème c'est que la mère venait d'apparaître, au même endroit ou Alceste était apparut...

    " - ... Alceste vient ic...."
    " - NAAAOOOONNN JVEUX PAS JVEUX PAS JVEUX PAS JVEUX PAAAAAAAAAAS! "
    " - ... Messire Léonidas... veuillez excusez ce comportement indigne... Alceste, s'il te plais viens ici !"
    " - NAN NAN NAN NAN NAAAAAAAAAAAAAAAAAAAOOOOOOOOOOOOON "
    " - ALCESTE! NE FAIS PAS L'ENFANT! PAS ICI ! Ce n'est pas le moment... "
    " - JE VEUX PAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAS ME MARIEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEERRRRRRRRRRRR TU ME FORCERAS POOOOAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAS"

    Rugissant à s'en faire éclater la gorge, l'enfant prit ses jambes à son cou et se mit à fuir dans la direction opposée, la lance de Léonidas dans la main.
    Stupéfaite et aussi perdue que honteuse, la mère restait là bouche bée devant la scène théatrale que sa fille venait de démontrer devant le roi du pays; Qu'elle n'est pas la honte d'être une mère sans autorité si ce n'est de le démontrer devant son souverain? Nu qui plus est? Mettant la main devant ses yeux en se retournant, la mère restait là plantés à l'aurée du bois en attendant que son roi agisse... quels étaient les ordres? Et son future gendre qui attendait à la maison tranquillement pour faire connaissance de sa future femme? Trop de choses compliqués organiser pour la seule femme veuve qu'elle était.

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Leonidas
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MessageSujet: Re: [A-45 ]The Past we've lost can't get back (Omg ce titre quoi...)   Lun 15 Juil - 1:18


Prise sur le fait, la gamine ne s'attendait certainement pas à trouver quelqu'un sur les lieux. Et bien qu'il soit arrivé le premier, Léonidas se sentait comme un intrus dans le sanctuaire de solitude de cette petite fille. Mais en l'état, il lui serait difficile de se retirer pour lui laisser tout l'espace et toute l'intimité dont elle avait besoin, aussi avait-il préféré opter pour une approche amicale. Le guerrier qu'il était n'avait rien contre les enfants ; au contraire, il appréciait leur compagnie, car en ceux-ci résidait le futur de la vaillante cité de Sparte, les filles comme les garçons. D'où lui venait alors cette peur à l'idée d'en élever un lui-même ? Peut-être craignait-il de n'être pas à la hauteur, de ne point l'éduquer aussi bien que son père l'avait fait de lui. S'il n'arrivait pas à lui donner toute l'envergure qui aurait pu être la sienne, l'avenir de son enfant en serait entaché d'autant, et ce serait à lui seul d'en porter l'entière responsabilité. Ce n'était pas ce qu'il voulait pour son fils, ni pour aucun autre enfant, car ils auraient grand besoin d'être plus forts que jamais à en juger par les sinistres présages dont les lendemains semblaient faits.

Immergé jusqu'à la taille, Léonidas la jaugea du coin de l'oeil. Il ne lui fallut pas longtemps pour se rendre compte que sa robe était souillée de sang à un niveau pour le moins éloquent, la rougeur du sang contrastant lugubrement avec la blancheur immaculée de sa robe. Il comprenait à présent les raisons d'une telle précipitation. Elle avait fui et était essoufflée. Quoi, il ne le savait exactement, mais il en devinait la teneur. Il préféra toutefois n'en rien montrer, la fillette ne devant guère avoir envie d'en parler. Aussi avait-il à la place focalisé son attention sur l'arme qu'elle paraissait avoir elle-même fabriqué et à laquelle elle se cramponnait comme si sa vie en dépendait. Dans un sens, peut-être était-ce le cas. Peut-être que dans cette lance reposait sa vie telle qu'elle l'avait connue et telle qu'elle voulait la garder. Elle était trop jeune pour cela, et même s'il était de coutume pour l'époque de prendre des dispositions pour les enfants dès leur prime jeunesse, ce n'était pas là une méthode qu'il pouvait approuver.

Lui-même en avait également fait l'objet mais avait eu la chance de trouver chaussure à son pied. Toutefois, ce n'était pas le cas de tout le monde et il pouvait donc tout à fait comprendre les réticences de la jeune fille à suivre cette coutume antique que lui-même avait en horreur. Pour autant, il était encore récent en tant que roi et ne pouvait en aucun cas se permettre d'abolir un pli pris depuis des décades entières comme si de rien n'était. Cela risquerait d'entacher un règne encore fragile, même si rien ni personne n'avait jusque là trouvé à redire sur ses revendications au trône. D'ici quelques années, il n'était pas à exclure qu'il puisse s'autoriser de pareilles réformes, mais en l'état il était encore bien trop tôt. Hélas pour elle. Oui, tout ce qu'elle avait était intégré à cette lance rudimentaire, tant à sa pointe affûtée qu'à sa hampe qu'elle avait dû elle-même tailler. Elle était l'emblème de ce qu'elle avait été et de ce qu'elle voulait devenir, sans jamais le pouvoir. Et pourquoi pas ?

Il craignit un instant qu'elle ne prenne la fuite. Même s'il ne souffrait d'aucun tabou à ce niveau, se persuadant que son corps était une arme avant d'être une source d'embarras à quelque propos que ce soit, il était vrai que ce n'était pas là la meilleure tenue pour accueillir quelqu'un – et à plus forte raison une enfant de cet âge. Mais ce n'était pas comme s'il avait souhaité la rencontrer ici et dans ces conditions, quand bien même il espérait pouvoir quelque peu la détourner des idées noires qui avaient l'air de la hanter. Ainsi finit-il par le rejoindre dans l'eau, s'y enfonçant sans plus se soucier d'en colorer les eaux cristallines d'un éclat vermeil. Le Roi de Sparte ne s'en offusqua pas le moins du monde, bien que ne s'attendant pas à ce qu'elle vienne la lui donner en main propre plutôt que de la lui lancer depuis la berge. Cela aurait le mérite de la rafraîchir et peut-être de la mettre plus à l'aise par la même occasion. Lorsqu'elle se décida néanmoins à les projeter dans sa direction, il les attrapa au vol pour les examiner de plus près.

« Et bien, c'est du beau travail, ma foi. Certains de mes forgerons devraient prendre exemple sur toi. »

La plaisanterie était à moitié sérieuse, il avait plusieurs fois récemment dû prendre à parti certains de ceux qui travaillaient à son service pour les sermonner sur leur travail bâclé. S'il leur avait confié la tâche de préparer des armes en vue des batailles à venir, ce n'étaient pas pour qu'ils dilapident le budget qui leur était alloué en gâchant les matériaux ainsi payés. S'il en demeurait plusieurs à qui il n'avait rien à reprocher, ceux-ci n'étaient que trop rare et il redoutait en son coeur que la guerre ne soit à leurs portes plus tôt que prévu. Rien n'était prêt. Et si braves que soient les Spartiates, s'ils ne pouvaient aller se battre l'épée au poing, leur sang coulerait comme celui de n'importe qui. Tous les hommes sont égaux devant la Mort. Mais avant qu'il n'ait pu ajouter quoi que ce soit, ne fut-ce que pour la charrier sur l'emprunt de sa lance qui même sans la pointe était déjà plus grande qu'elle, un timbre de voix qui fit bondir la petite sur ses pieds se fit entendre. Il n'était pas difficile de deviner qu'il était ici question de la personne à qui elle cherchait à tout prix à échapper.

Et quand l'on est à cet âge, quel ennemi est plus implacable que sa propre mère ? Définitivement pris en défaut par sa tenue – ou plutôt par son absence de tenue – Léonidas sortit de l'eau et entreprit de se revêtir sitôt après que la fillette ait décampé sans se départir de sa propre sagaie. Fort heureusement, il avait au lieu de se mettre à nu conservé ses braies et ne souffrait donc que d'une indécence minimale malgré ce que la petite demoiselle avait pu croire. Se redressant de toute sa hauteur, révélant une fois pour toute la haute stature qui était la sienne – rarement égalée même parmi les plus grands guerriers dans tous les sens du terme que Sparte ait compté ces dernières années – il fit mine de s'étirer pour ensuite se diriger vers l'endroit où elle s'était échappée. Ne se revêtant qu'au plus léger, n'ayant pas de temps à perdre s'il ne voulait pas se laisser devancer à l'excès, il passa à sa hauteur sans plus s'y attarder, la gratifiant simplement d'un amène :

« Ne vous en faites pas, je vais m'en occuper. Si vous pouviez juste surveiller mes affaires pendant ce temps, j'ai assez de votre fille pour me les voler. Et interdiction d'y toucher, je ne voudrais pas en plus devoir expliquer à votre mari pourquoi vous vous êtes coupée. »

Sur ces mots, il pénétra dans la forêt, la main fermement serrée sur le présent qu'Alceste lui avait fait. Cet incident aurait eu l'avantage de lui faire connaître son nom, qu'elle avait joli au demeurant. Pour connaître parfaitement ces bois, il se faisait une idée assez précise des emplacements où elle avait pu avoir l'idée de se cacher, mais tous les passer en revue serait trop long. D'autant plus que pour être petite et rapide tout à la fois, il lui serait facile d'en changer dès qu'il approcherait de trop près. Mieux valait jouer la carte de la ruse et la convaincre de venir jusqu'à lui au lieu de lui courir après, ce qui pouvait durer un certain temps. Or, même si ce n'aurait pas été sans lui déplaire et lui rappeler sa propre enfance, il était sans doute attendu au palais pour quelque affaire dite de la plus haute importance qui consisterait à peu de choses près à apposer sa signature ou son sceau officiel au bas de quelque document sans réel intérêt. Rien qu'à y penser, il mourait d'envie de retourner se baigner, mais n'en oublia pas la mission qu'il s'était lui-même confié. Aussi, une fois suffisamment loin, lança-t-il d'une voix forte :

« Tu peux garder ma lance si tu veux, je n'en ai plus besoin puisque j'ai la tienne à la place ! Elle est bien meilleure ! C'est dommage que tu ne sois pas là pour venir la chercher, mais tant mieux pour moi, j'ai tout à y gagner ! Je vais la ramener au palais puisque tu as eu la gentillesse de me la laisser ! »

Et, de fait, de lever son bras à mi-hauteur pour qu'elle puisse d'où qu'elle se trouve constater qu'il les avait effectivement apportées. Où qu'elle ait pu choisir de se dissimuler, il y avait fort à parier qu'elle ait choisi un emplacement d'où elle pourrait voir arriver de loin toute personne lancée à ses trousses. Ainsi pourrait-elle dans la foulée remarquer qu'il était venu seul et par conséquent qu'elle pouvait descendre sans avoir à craindre la tyrannie maternelle : il n'y avait aucun bruit alentours, pas la moindre brindille qui craque sous le poids d'un quelconque visiteur. Ne demeuraient que les bruits de la forêt maintenant qu'il avait terminé son discours. Le bluff était ostentatoire, mais elle n'y verrait peut-être que du feu une fois en proie au désir de récupérer ce qu'elle avait elle-même construit de ses blanches mains avec sans doute une relative fierté – et ce serait mentir que de dire qu'elle n'avait pas lieu d'être, car outre tout propos encenseur, c'était plutôt finement réalisé. Sobre et efficace, comme le veut la formule consacrée. Et que dire alors de la perspective de ne plus revoir le fruit de son labeur une fois que se seraient refermées sur lui les portes du palais ? Quelle que soit sa réaction, ce n'était sans doute déjà plus qu'une question de temps.
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Protection Divine: Alceste Surplis du Fossa, étoile céleste de la Férocité
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MessageSujet: Re: [A-45 ]The Past we've lost can't get back (Omg ce titre quoi...)   Jeu 18 Juil - 1:35


    Les pieds nus de la demoiselle continuèrent à se dérober sous son jeune corps frêle, à l'aventure. Ses yeux en chasse guettaient le moindre mouvement suspect tout en cherchant de pied en cap un moyen, une cachette afin de se dérober totalement aux mains et à la voix de sa mère, ses muscles tendus, tétanisés par la longue course entrepris depuis une heure faisaient tordre son visage d'une expression étrange d'une douleur mêlée à la peur, ses lèvres légèrement pincés, elle osa pousser un regard par-dessus son épaule. Elle reprit sa course avec plus d'énergie et d'acharnement utilisé jusque-là, offrant un réel sprint avec les quelques forces qui lui restaient, prenant bien soin de lever bien haut le bâton lourd, cette arme usurpée au roi afin de ne pas laisser la moindre trace de son passage ; malheureusement qu'elle ne le veuille ou non, son chemin était déjà tout tracé, avec son sang, l'eau et ses pieds contre les feuilles de la forêt.

    Arrachant un gémissement de rage en commençant à larmoyer, en désespoir de cause, la jeune fille allia sa souplesse, sa rapidité et sa dextérité, s'aidant de la force de ses bras en plus de ce qui lui restait de ses jambes pour s'aider, avec ce dont la nature pouvait lui procurer afin de se cacher : son pied-droit rebondissait contre l'écorce d'un arbre tandis que le second entreprit à se bloquer contre une première blanche, ne s'arrêtant pas là, elle escalada l'arbre jusqu'à arriver à une hauteur plus que convenable, il faudrait plus qu'un simple regard pour l'y trouver et plus d'un homme pour l'y déloger.
    Soufflant bruyamment en se serrant les cotes avec son bras gauche, l'arme de pointe dans l'autre, elle se sentit enfin, depuis le matin, en sécurité, s'autorisant même un gémissement rauque de victoire en arrachant un petit rire saugrenu digne d'un enfant ayant réussi à se surpasser.

    Après quelques secondes d'attente, un sourire espiègle s'étirant sur ses lèvres, elle entendit les bruits de pas d'un géant à l'approche. Fronçant les sourcils, elle attrapait la branche qui la soutenait dans une de ses mains pour avoir une accroche facile et de pas tomber de son perchoir tandis qu'elle hissait sa tête un peu plus en contre-bas au travers des feuilles et des branchages qui lui obstruaient la vue. Sa joue au contact avec l'arbre, ses yeux pétillants de vie cherchèrent la provenance du bruit tandis qu'elle s'imaginait déjà au-devant d'un éventuel danger. Le poursuivant aurait pu être un ours ou un lion ! Les bruits de pas qui le précédait étaient d'une puissance et d'une légèreté à la fois noble et intrigante, néanmoins la jeune fille se rattrapait bien vite dans sa rêverie intempestive, le bruit aillant deux pas et non quatre, de plus elle venait d'apercevoir les épaules et les cheveux de son poursuivant: Léonidas.

    Mettant une main devant sa bouche en se remettant droite derrière le tronc protecteur pour éviter d'être vue, se forçant même à respirer lentement dans un rythme écourté après une course folle, ses poumons protestant en la faisant s'étouffer contre sa main, en silence. La jeune fille ne bougeait plus, véritable statue vivante, laissant l'homme s'avancer un peu plus vers la forêt puis s'arrêter à quelques pas de l'arbre ou elle était montée. L'avait-il repéré? Le cœur de la jeune femme battait d'un rythme endiablé.

    Citation :
    Tu peux garder ma lance si tu veux, je n'en ai plus besoin puisque j'ai la tienne à la place ! Elle est bien meilleure ! C'est dommage que tu ne sois pas là pour venir la chercher, mais tant mieux pour moi, j'ai tout à y gagner ! Je vais la ramener au palais puisque tu as eu la gentillesse de me la laisser !

    Sa lance! Écarquillant les yeux sous les paroles du monarque, elle en faillit laisser l'air s'échapper de sa main. Ses yeux vaquèrent du bas de l'arbre jusqu'à l'arme tenue dans sa main... Quelle valeur avait-elle cette arme? Sans doute plus que la sienne, il s'agissait de la sagaie du souverain, une arme robuste prête à traverser un sanglier de part en part. Ses yeux d'émeraude scintillaient d'une faim insatiable en se posant sur le javelot mortelle: Un silence bercé par la mélodie des oiseaux chanteurs et du ruisseau cristallin prit place dans la forêt, Alceste réfléchissait, elle n'avait pas le droit à l'erreur.

    Rapidement elle fit un point sur la situation, elle pouvait rester dans cet arbre toute la journée, profiter du calme et de la pénombre de la nuit pour partir... loin de Spartes et de ces lois pour devenir une grande guerrière sans que personne ne l'arrête. Cette idée lui plut, mais à savoir si Léonidas l'avait remarqué dans son arbre... c'était une toute autre affaire... d'autant plus qu'il pourrait également profiter de la nuit pour y faire venir de l'aide et l'y déloger. Soupirant en fronçant les sourcils, Alceste réessaya plusieurs plans dans sa tête, ce qui dura probablement une minute tout au plus pour lesquels ses yeux camouflés dans la verdure de la végétation luxuriante observaient le déplacement du souverain... Ce n'était pas une coïncidence s'il s'était arrêté pile à quelques mètres de son arbre. Visiblement ce roi avait déjà tout prévu, ce qui pouvait être très énervant pour une enfant de son âge de ne point avoir d'issue de secours. Fronçant les sourcils en grondant de rage, intérieurement, elle toussotta pour attirer l'attention vers l'arbre et sa cime, s'asseyant en prenant un air faussement fier d'elle, ses jambes pendues dans le vide, la lance dans ses deux mains, son attention portée à celle-ci.

    " - Bois de chêne, arme robuste et prête à transpercer un ours de part en part, son silex est aussi aiguisé que la griffe d'un lion, elle est souple, délicate, raffinée. * elle sous-pesa l'arme à bras portant* Sa lourdeur n'a d'égale sa force, lancée à pleine puissance, elle est capable de bien plus de dommage que vous eussiez l'estimer. Certes elle n'a pas trois têtes de silex pour former un trident et ainsi créer d'autant plus de dommage et de chance de tuer ... * elle roucoulait doucement à l'idée de tuer, sa main caressant la longueur du bois de l'arme* Mais si vous préférez la mienne alors c'est avec joie que je vous l'offre, votre majesté. "

    Un petit sourire provoquant naquit sur le coin de la commissure de ses lèvres, un léger rire moqueur et enthousiaste s'échappait même de sa fine bouche. N'allant pas plus loin cependant dans la moquerie, ses jambes toujours branlantes le long de la branche, elle se redressa et se décala légèrement pour ne plus se cacher derrière les feuillages, laissant son visage morne sans sourire, une attitude blasée et un regard fiévreux se diriger vers l'ombre et la personne de Léonidas.

    " - Vous êtes venu pour me chercher. Je vous attends de pied ferme avec votre arme messire ! Je n'irais pas rencontrer ce prétendu époux et je ne descendrai pas non plus de cet arbre, tant que je n'aurais pas la certitude de pouvoir devenir une guerrière et de botter des fesses par dizaines ! PLUTÔT CREVER ! "

    Croisant les bras en tournant la tête, sachant qu'elle avait été loin dans la provocation et ses paroles, elle voulut avant tout cacher le rouge de rage et de honte qui avait empourpré son visage d'enfant. C'était la première fois qu'elle parlait ainsi à une autre personne que sa mère : faute d'avoir eut un père,  trop longtemps absent, elle ne savait pas comment parler aux hommes aussi vénérables et nobles soient-ils qu'un roi.
    Sans s'en rendre compte, doucement, la lance dans ses bras croisés glissait, faute à son inattention et à sa fierté infantile, se dérobant totalement de son étreinte, il n'eut fallut qu'une poignée de seconde de réaction cependant pour que Alceste d'un geste précipité, ne s'empare de l'extrémité, laissant le bois pendant en dessous de la branche. Se maudissant intérieurement, il ne restait plus qu'au roi de s'emparer de cette dernière, L'enfant ne pouvait réunir ses deux mains pour remonter le lourds objet.

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Leonidas
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MessageSujet: Re: [A-45 ]The Past we've lost can't get back (Omg ce titre quoi...)   Sam 20 Juil - 4:38


Comme il l'avait prévu, la petite n'était pas très loin. Dans un tel environnement, il était beaucoup plus rentable d'économiser ses forces en ne s'éloignant pas trop et de plutôt miser sur les hauteurs, facilement accessible avec autant d'arbres séculaires aux alentours. À condition bien sûr de n'avoir pas le vertige, mais comment aurait-elle pu oser réclamer un titre de guerrier à corps et à cris si elle était affligée d'une peur aussi risible ? Dans des circonstances identiques, il aurait sans doute fait le même choix. Avoir su garder une âme d'enfant était dans ce cas précis ce qui jouait en sa faveur car lui permettant d'anticiper ses mouvements et ainsi de savoir très exactement où chercher – ou tout du moins comment procéder pour qu'elle se trahisse. Sa première approche était volontairement la moins travaillée pour se faire une idée de la résistance qu'elle pouvait lui opposer, mais il saurait se servir de moyens plus subtils si cela ne suffisait pas à la débusquer. Où qu'elle ait pu choisir d'aller se réfugier, viendrait bien un moment où elle ne pourrait rester insensible à ses appels du pied.

On bouge beaucoup à cet âge-là, et elle semblait être une enfant particulièrement agitée, aussi n'avait-il que peu de doutes quant à ses chances de réussite. Il avait bien fait de laisser la mère en dehors de tout ça, son plan serait tombé à l'eau si elle l'avait accompagné même à bonne distance. Mais lui, la petite demoiselle n'avait aucun grief contre lui – sans quoi elle n'aurait pas manqué de le lui faire savoir plutôt que d'accéder à sa requête un instant auparavant. L'espace d'un instant, le Roi de Sparte s'octroya le droit de fermer les yeux et se laissa griser par le bruit du vent dans les feuilles qui l'aida à se détendre. Cet environnement était encore celui où il se sentait le mieux, car il avait de tout temps eu horreur d'être enfermé. Rester trop longtemps sur le trône était pour lui un supplice, et il n'y avait guère qu'en campagne qu'il se sentait vraiment chez lui.

Non pas pour le sang qui y était versé, mais parce qu'il n'y avait alors plus de chaînes pour l'entraver, plus de murs pour le retenir. Rien que les vastes plaines où il livrerait bataille à perte de vue, et au loin une ligne d'horizon qu'il embraserait des feux de la colère de Sparte. S'il n'était pas le monstre sanguinaire que dépeignaient nombre de légendes à son sujet, Léonidas n'en était pas moins de ceux qui savent apprécier un bon combat car il n'y a qu'ainsi qu'il se sente exister. Il ne fallait pas se leurrer, il était un pur produit de Sparte. Né et élevé pour être un guerrier, à tel point que la lance n'était déjà presque plus qu'une extension de son propre bras à l'âge où il était censé pouvoir commencer à en porter une. Et puisque c'était ainsi qu'on l'avait forgé, alors il combattrait. Mais il ne voulait pas que son rôle se limite à cela. Que son nom dans l'histoire ne soit constitué que de faits d'armes et de cadavres amoncelés qu'il laisserait dans son sillage.

Un bruit dans les arbres attira finalement son attention. Vif comme l'éclair, le monarque pivota sur ses talons pour faire face à l'endroit d'où provenait ce son. Le désavantage à avoir affaire à lui était que ses réflexes étaient surentraînés et qu'à ce titre le moindre frémissement suspect était capable d'attirer son attention et de le faire se tourner d'un bloc en une fraction de seconde. C'était d'autant plus vrai qu'il sortait d'une séance d'entraînement éprouvante et avait donc encore sa sensibilité à fleur de peau. Ses sens n'y faisaient pas exception. Sans surprise, il constata qu'il avait eu raison de traîner dans les parages. Sa première intuition s'était révélée la bonne et il n'en était pas peu fier, non pas parce que cela lui avait permis de l'attraper à moindre frais mais parce que cela prouvait qu'il restait encore quelque chose du gamin qu'il était autrefois. Et en avoir connaissance lui faisait le plus grand bien. Sitôt qu'il eut décelé sa position, il posa la main sur sa hanche et scruta fixement sa direction.

« Mais dis-moi, tu en connais un rayon. Mais tu oublies l'essentiel. Ce n'est pas l'arme qui fait le guerrier, c'est l'inverse. Tu pourrais essayer de m'attaquer avec celle que tu as dans les mains que tu n'arriverais pas à me faire une égratignure. En revanche, il me suffirait d'utiliser la tienne pour que tu t'en souviennes longtemps. En ce sens et à cet instant, la lance que j'ai est bien meilleure que ne le sera jamais celle que tu tiens dans tes mains.»

Pas subtil pour un sou, mais on ne lui avait jamais demandé de l'être. Ces propos ne se voulaient pas insultant d'une quelconque manière et n'avaient nullement trait à sa condition, que ce soit celle de femme ou d'enfant. Pour avoir lui-même été rompu très tôt au maniement des armes, il savait mieux que quiconque que ce n'était pas nécessairement éliminatoire dès lors qu'il était question de capacité à tuer. Mais en l'état, force était de constater que le fait qu'elle soit équipée de sa propre lance ne modifiait en rien cet état de faits. Puisqu'elle tenait tant que cela à être un guerrier, encore fallait-il lui inculquer quelques principes fondamentaux. Ce qu'elle deviendrait n'était guère de son ressort mais au moins pourrait-elle ainsi juger avec plus d'objectivité ce que signifiait vraiment de se revendiquer comme tel.

« Tu parles de la mort à la légère, mais sais-tu ce qu'elle est vraiment ? On dit de la mort qu'elle comporte cinq étapes : déni, colère, négociation, dépression, et, enfin, résignation. Le moment où on se dit « je vais mourir et je ne peux rien y faire ». Nous autres guerriers devons tout connaître de cette résignation, parce qu'elle est celle qui peut nous traverser à tout moment mais également car c'est celle que nous infligeons à nos ennemis. Et nous apprenons lentement cette terrible vérité. Le prix à payer pour que les autres respectent vos droits humains est la mort. Tu dis vouloir te battre jusqu'à la mort, mais es-tu prête à t'aventurer sur un champ de bataille, mais es-tu prête à voir ceux que tu considères comme tes amis, comme ta famille mourir sous tes yeux et à te battre pour ceux dont ils ont murmuré le nom dans leur dernier soupir ? »

Son but n'était nullement de lui infliger un quelconque traumatisme. Tout au plus de lui faire voir la réalité en face pour qu'elle sache à quoi s'en tenir si elle s'obstinait dans cette voie. Qu'il en soit ainsi si tel était son désir, mais qu'elle soit si enthousiaste à cette idée n'était pas sans éveiller en lui le besoin de recadrer certaines choses. Tout spartiates qu'ils soient, lui et ses hommes n'étaient pas pour autant des brutes épaisses qui se contentent de foncer l'arme au poing à la rencontre de ceux qui se dressent devant eux dans un torrent de sang, de sueur, de poussière et de larmes. Il y avait ce poids qui jamais ne quitterait leurs épaules. Ce sentiment gravé en eux et qui pour rien au monde ne devait être oublié. Celui qui ferait que même au coeur de la bataille, aucun d'eux ne perdrait son humanité. Ses battements de coeur s'accélérèrent imperceptiblement au souvenir des hommes qui s'étaient sacrifiés pour lui et sans qui il ne se serait pas hissé sur le trône aujourd'hui.

De ceux pour qui il devait continuer à livrer bataille afin qu'ils ne soient pas morts en vain. Trouver dans le décès de ceux qui nous sont chers non pas le désespoir mais bien la force d'aller de l'avant pour donner un sens à leur disparition et que jamais ils ne sombrent dans l'oubli. Car qu'importe qu'il ne reste rien du corps d'un homme, pas même un squelette dépouillé de son sang et de sa chair, si tant est que celui qu'il avait été et ce qu'il avait accompli lors de son séjour en ce monde restait en mémoire de ceux qui lui succéderaient. C'était en suivant cette philosophie qu'il avait toujours mené sa vie et nul n'y avait rien trouvé à y redire, respectant sa pensée même s'ils n'en étaient pas forcément tout à fait d'accord. Et ce non pas parce qu'il était le chef de meute, mais parce que cela leur permettait de voir en lui un homme sage qui sait se servir de sa tête autant que de ses muscles.

Et aujourd'hui, il tenait à partager un peu de cette sagesse avec la fillette qui se tenait à ses côtés afin qu'elle cerne la vraie nature de ce vers quoi elle voulait tant aller. Qu'elle ne se risque sur ce terrain miné qu'en toute connaissance de cause, en ayant appris ce qu'elle y trouverait de la bouche d'un homme qui en avait fait sa demeure. Le seul endroit où il était sûr et certain de toujours devoir retourner, parce qu'il n'y avait qu'en cet environnement qu'il puisse vivre pleinement. Mais il n'en ressentait aucune tristesse, pas plus que sa femme n'en était lésée. Il était de son devoir à la fois en tant que roi et en tant qu'homme de s'y présenter en toute circonstance jusqu'à ce qu'il ne soit plus en état de le faire, car s'il lui tournait le dos ne serait-ce qu'une seule fois, il n'aurait alors plus qu'à autoriser ses hommes à lui loger une flèche dans le coeur. Un vrai spartiate ne tourne pas le dos à la guerre lorsqu'elle rugit au loin, même lorsqu'il sait qu'elle va lui coûter la vie.

« J'imagine qu'à ton âge, on se figure encore que le noir est intimement lié à la Grande Faucheuse. Alors permets-moi de te détromper. Le noir n'est pas la couleur de la mort. Sa couleur est le rouge, la couleur du sang, la couleur d'une plaie ouverte. Ce sont elles qui nous arrachent nos lendemains et nous précipitent dans cet abîme sans fin que l'on appelle Enfer. »

En disant cela, il ne soupçonnait pas encore qu'il les visiterait à peine quelques années plus tard – non que cela y aurait changé quelque chose. Il était important qu'elle oublie ces idées préconçues et appréhende une vision de la vie plus proche de celle qu'on acquiert avec l'expérience. Car malgré sa nature espiègle, il apparaissait clairement qu'elle était assez épanouie que pour comprendre toute la portée de son discours et c'était bien ce qui l'incitait à le poursuivre pour lui insuffler ces valeurs qu'il jugeait être de première importance. Mais au moment précis où il prononçait cette dernière phrase, elle faillit bien y être projetée tête la première, en Enfer, en manquant de choir de l'arbre où elle avait trouvé refuge. Ainsi Léonidas en profita-t-il pour lui porter secours d'une manière qui lui ressemblait bien : en saisissant l'autre extrémité de la lance qu'elle lui avait dérobée pour exercer dessus une brusque traction. Fermement cramponnée comme elle l'était, il n'en fallut pas plus à la demoiselle pour tomber de son perchoir et ce droit dans ses bras. Il avait pris la peine de l'éduquer, ce n'était pas pour la voir se rompre la nuque l'instant d'après.

L'arme dans une main, il n'en avait qu'une seule à disposition pour la saisir au sol mais n'en éprouva aucune difficulté. Par moment, il lui arrivait de manifester une prestesse hors du commun alors qu'une légère tension s'emparait de lui, comme une poussée d'adrénaline qui émanerait du plus profond de son âme. C'était grâce à elle qu'il pouvait se montrer aussi habile par moments. Toujours était-il que la gamine était sauve grâce à son concours et qu'il ne se fit pas prier pour la déposer sur la terre ferme avant même qu'elle ait pu faire mine de se débattre, ne voulant pas risquer de la blesser à cause de ses gesticulations. Dès qu'elle eut mis pied à terre, il lui lança ladite lance à l'horizontale, calculant très précisément sa trajectoire de sorte à ce que la lame – affûtée le matin même, quoiqu'émoussée par son entraînement... Spartiate – ne risque pas de rencontrer un oeil ou autre partie sensible sur sa trajectoire.

« Je n'ai jamais dit que je comptais te ramener à ta mère. Je voulais simplement parler un peu avec toi. Mais il faudra bien que tu rentres à un moment donné, sans quoi elle finira par s'inquiéter et je ne veux pas qu'on me mette ça sur le dos. C'est la seule et unique chose que je te demanderai de faire en échange de ce cadeau. Ça te semble équitable ? »

Si elle y tenait tant que ça, qu'elle la garde ! Il n'avait pas d'attachement particulier envers son matériel, ayant déjà rompu assez de lances et d'épées que pour ne plus pouvoir les compter. S'il le voulait, il lui serait facile d'en trouver une autre au palais. Sa mère n'apprécierait certainement pas de la voir revenir avec un tel cadeau sous le bras, mais elle n'oserait pas élever la voix contre son Roi. Il y avait parfois du bon à être à la tête de tout un peuple, même si Léonidas ne tirait que rarement parti de ces prérogatives. Ceci étant fait, son attitude toute entière démontrait largement qu'il n'avait aucune intention de la lui reprendre. Du moins, si tant était qu'elle respecte l'entente qu'il venait de lui proposer. Marchander avec une enfant n'était pas vraiment la meilleure des idées mais pour être déjà entrée de plein pied dans l'adolescence – source de tous ses tourments – elle était nécessairement en âge de comprendre la portée de ses actes. C'était sans doute grâce à cela qu'il se sentait en mesure de développer avec elle une certaine complicité. Et jusque là, cela avait l'air de plutôt bien fonctionner. Sa main lissa la barbe soigneusement entretenue qui lui ornait le menton.

« Alors, sachant tout ça, tu tiens toujours à botter des fesses par dizaines comme tu dis ? Tu sais, ça peut paraître dérisoire de ma part, à moi qui suis un homme, mais il n'est pas si mauvais d'être une femme à Sparte. Elles sont sans doute plus respectées que partout ailleurs en Grèce ou peu s'en faut et nous leur permettons de parler parmi les hommes, car seules les femmes de Sparte mettent au monde des hommes vaillants. Je ne dis pas que c'est la vie dont tu as toujours rêvé, mais il te serait plus facile de l'accepter et tu ne manquerais de rien. Je te rassure, je n'essaie pas de te convaincre. Je ne cherche qu'à comprendre ce qui fait que ça te révolte à ce point. »
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MessageSujet: Re: [A-45 ]The Past we've lost can't get back (Omg ce titre quoi...)   Mar 30 Juil - 14:07


    Le bout de son nez se renfrognait, ses pupilles s'agrandirent et sa bouche s'ouvrit comme pour protester lorsque l'enfant vit la main de son seigneur se saisir de la lance qu'elle tenait. Instantanément par instinct, l'enfant savait qu'elle aurait rapidement le pied-à-terre avant même qu'il ne la fasse tomber. Ses yeux scintillants avaient vu dans le regard du roi sa futur intention, tant et si bien qu'elle se laissait tomber non sans protester, énervée de de n'avoir pu réagir plus vite qu'il ne l'avait fait et c'est en agitant ses bras et ses jambes comme une damnée en tentant de faire un contre poids avec son corps qu'elle essayait de toucher le sol afin de fuir encore plus loin. La guerre ne l'effrayait pas, pas plus que la mort, mais sa famille en revanche était la seule chose contre laquelle elle était impuissante, ce pourquoi elle fuyait sa mère et ce roi qui ne la lâchait pas d'une semelle. Lâchant un cri de guerre en continuant de frapper le vide de ses poings, elle retrouva instantanément le sol, lâchée plus vite qu'elle ne l'aurait cru, ses pieds nus dérapant contre l'herbe humide, Alceste manqua vivement une seconde chute qu'elle sut maîtriser en faisant rapidement volte face, un pied derrière l'autre, stable, en position de combat.

    Fronçant les sourcils en serrant la mâchoire, légèrement irritée par l'événement, la fillette ne se décontracta que lorsqu'elle retrouvait son présent entre ses mains, réceptionnant l'arme comme il se doit non sans lâcher Léonidas une seule seconde de son regard enflammé. Légèrement plus détendue, elle l'écoutait, toujours sur ses gardes cependant, les pieds bien encrés dans le sol végétal, les membres en suspension, prête à esquiver et repartir pour une nouvelle fugue à la moindre opportunité, son impatience pouvait déjà se ressentir et se voir au travers d'une de ses jambes frêle, légèrement tremblante.

    Citation :
    « Je n'ai jamais dit que je comptais te ramener à ta mère. Je voulais simplement parler un peu avec toi. Mais il faudra bien que tu rentres à un moment donné, sans quoi elle finira par s'inquiéter et je ne veux pas qu'on me mette ça sur le dos. C'est la seule et unique chose que je te demanderai de faire en échange de ce cadeau. Ça te semble équitable ? »

    Son esprit s'embrouillait instantanément, les sourcils toujours froncés sous l'agacement, elle redressa légèrement son buste, limitant le tremblotement de sa jambe tendue qui vient de poser naturellement à côté de l'autre. Même si au fond, elle n'était toujours pas convaincue de la vérité sur les mots qui résonnaient dans son esprit, la jeune fille ne put s'empêcher de retrouver un peu de calme dans la tempête qui ravageait son esprit. S'il n'était pas là pour la ramener auprès de sa mère, elle n'avait rien à  lui reprocher... Bien que le choix de retourner à son domicile la tourmentât plus qu'autre chose, elle préféra pour cela tourner sa tête vers le village en imitant une grimace bien poussée en croisant adroitement ses bras sur sa poitrine, la lance solidement maintenue dans sa main, elle cracha à la manière d'un félin :

    " - Nan. Ce n'est pas équitable. Ma vie vaut bien mieux que ce bout de bois pourrit ! Je ne rentrerais pas aujourd'hui ! J'irais vivre avec les ours s'il le faut pour éviter l'autre gars-là, mais je ne rentrerais pas! "

    Son poing se serra si fort contre le bout de bois qu'il en devenait blanc, comment pouvait-il l'escroquer de cette manière ? La prenait-il vraiment pour une fille naïve ? Alceste Bouillonnait à l'intérieur, elle avait déjà fait l'échange de sa lance contre celle-ci. Faisant un pas un arrière, détachant ses bras de sa poitrine pour mieux porter la lance à la verticale, la jeune fille se préparait à fuguer une nouvelle fois, elle attendait juste le bon moment.

    Citation :
    « Alors, sachant tout ça, tu tiens toujours à botter des fesses par dizaines comme tu dis ? Tu sais, ça peut paraître dérisoire de ma part, à moi qui suis un homme, mais il n'est pas si mauvais d'être une femme à Sparte. Elles sont sans doute plus respectées que partout ailleurs en Grèce ou peu s'en faut et nous leur permettons de parler parmi les hommes, car seules les femmes de Sparte mettent au monde des hommes vaillants. Je ne dis pas que c'est la vie dont tu as toujours rêvé, mais il te serait plus facile de l'accepter et tu ne manquerais de rien. Je te rassure, je n'essaie pas de te convaincre. Je ne cherche qu'à comprendre ce qui fait que ça te révolte à ce point. »

    " - hein? "

    Pourquoi changeait-il brusquement de conversation ? La jeune fille à semi-confuse desserra la main de son arme en lançant un regard interrogatif à son roi. Le maître d'armes ne lui avait-il jamais dit comment il enseignait les arts du combat aux jeunes surdoués ? Pourtant n'était-ce pas ce roi qui, devant ses yeux, avait ordonné l'enseignement pratique et technique du comment devenir un véritable guerrier Spartiate ? Un guerrier... Et non une guerrière. Alceste soupira si fort qu'elle crut que sa cage thoracique allait s'envoler... Par ou commencer? Inutile de faire mention des cours pratique ni technique et encore moins de l'histoire ancienne de Sparte datant des civilisations anciennes, inutiles de parler de l'agôgè et des rituels, elle parlerait simplement en son cas, puisqu'il tenait tant à nourrir sa curiosité.

    " - Je ne conçois pas être enfermée messire, ceci représente le début de la véritable mort, le noir annonçant la fin de la liberté et d'une vie. Vous dites, que le rouge est la couleur qui peint les enfers, mais il ne s'agit que de pigments représentant la vie et la souffrance, le rouge est représentant de cette passion qui anime tous vos guerriers d'une même volonté lorsqu'il sont au combat. Lorsque je vois Helios ou Stratos revenir du front de cet art que nous appelons guerre, je m'en sens rougir de jalousie. Non pas de voir les autres femmes courir après pour les penser loiiiin de là! ... ... Mais de voir leur visage s'élargir d'un sourire émerveillé et de constater que ... ... Même s'ils ont enduré les pires cauchemars, les pires saloperies, Sparte, leur famille est toujours indemne.
    Et puis... ... ... voilà...
    "

    Respirant un grand coup en affichant un regard un peu moins déterminé et plus serein, rêveur, elle poursuivit :

    " - ... La mort n'est pas une fin pour soit, il ne s'agit que d'un long repos mérité pour les guerriers les plus hardis. Si nos hommes meurent au combat, c'est que le divin Hadès a décidé qu'ils avaient assez vécu et que ce pour quoi ils avaient été pré-destinés a été accompli... ... Au fond... Le décès est une chose naturelle que nous ne pouvons contrôler, il faut donc l'accepter et nous contenter de ce que nos morts nous ont légué en présent.
    Je ne redoute pas la faucheuse messire... Mais rester dans une cage de chaire à voir le même paysage, les mêmes visages et à faire la même chose chaque jour jusqu'à ce que mes mains et mes genoux encrassés, écorchés et vieillis ne puissent plus supporter l'eau ou la bêche ... Et bien pire que tout dont   vous pouvez imaginer. Même les vieux moines de la montagne aux présages me semble inoffensifs à coté de cette simple pensé.
    "

    Le fait de relater ce qui sommeillait au fond d'elle, ses croyances et son obsession lui piquait les yeux, la rendant plus nerveuse et agitée qu'elle ne l'eut été, les mains sur la lance commençaient à trembler tant et si bien que le bois vibrait légèrement. Prise de spasme, la fillette devait se mordre la langue dans sa bouche afin de faire taire ses sanglots et anéantir son chagrin au profit d'une douleur piquante.
    Soudain, elle arrêta ses tremblements, rendue pâle, chaque membre de son corps se figèrent, seules ses paupières et ses cils battaient le rythme de son cœur battant un rythme endiablé...

    " - MESSIRE ! MESSIRE !"

    Quatre cavaliers aux chevaux étouffant dans leur écume, la sueur de leur galopade enragée, venaient à bon train de direction du roi, les sabots dérapèrent sur la végétation luxuriante, soulevant un amas de terre et de poussière sur leur sillage, les bêtes s'arrêtèrent net à deux mètres du roi, effleurant à peine ce dernier de la poussière soulevée par leur sabot : Alceste en restait bouche bée.

    " - MESSIRE ! Les Fantassins de Cythère seront bientôt à la porte de la ville, ils ne sont pas loin de cinquante hommes armés. Nous attendons vos directives mon seigneur! "

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Leonidas
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MessageSujet: Re: [A-45 ]The Past we've lost can't get back (Omg ce titre quoi...)   Mer 7 Aoû - 7:44


Il fallait bien l'avouer, Léonidas ne s'attendait pas à un raisonnement aussi élaboré de sa part. Bien qu'elle ait fait montre d'un comportement quelque peu puéril, elle n'était plus une enfant – preuve en était de sa floraison, source de tous ses maux. Et si elle possédait encore bon nombre des traits caractéristiques de l'enfance, que ce soit sur le plan physique ou moral, elle faisait ici étalage d'une logique aussi solide que la sienne. À défaut d'y adhérer, du moins devait-il en reconnaître la qualité alors qu'il n'avait vu là au début qu'un simple caprice d'enfant. Il se surprit à se demander combien des femmes de Sparte avaient pu à une époque partager des convictions similaires, mais sans avoir l'audace de les revendiquer à corps et à cris comme elle le faisait en cet instant. Car si elle avait pu en arriver là, nul doute qu'il y avait dû y avoir des précédents, sans pour autant que quoi que ce soit permette d'en garder trace. Ce n'était pas ce qu'il voulait. Il ne voulait pas d'un règne où les siens ne soient pas libres de faire ce qu'ils veulent. À quoi servait de la libérer du joug de l'oppression si c'est pour soi-même les tenir en cage ? Ils n'étaient pas ses esclaves, ni ceux de la société que lui et ceux qui s'étaient tenus avant lui s'efforçaient de créer.

S'il ne pouvait permettre à chacune des femmes de Sparte de monter au front, force lui était d'admettre que certaines pouvaient rêver d'une autre vie que celle de femme au foyer. Qu'elles aimeraient un autre horizon que celui de leur demeure où elles élèveraient leurs enfants jusqu'à ce que ceux-ci soient à leur tour en âge de partir au combat. Il était des lois ancestrales, archaïques, et il lui fallait les changer petit à petit pour apporter à Sparte si chère à son coeur un peu plus de modernité. Pour qu'elle se conforme à son idéal, à ce pourquoi il était devenu roi. La cité antique était bâtie sur des fondations robustes, mais cela ne voulait point dire qu'elle était vouée à rester ainsi dans l'éternité. Pour conserver sa grandeur, il lui faudrait sans cesse évoluer. Et il avait bon espoir d'être l'instigateur de ce changement, celui qui leur permettrait de maintenir cette splendeur à travers les âges. Peut-être que ce qu'il était en train de vivre n'était qu'un signe, celui venu lui dire qu'il était temps d'entreprendre ce pas en avant. Cette enfant était peut-être la pierre fondatrice de la nouvelle ère qu'il était sur le point de bâtir.

« La Guerre ne rend pas les hommes plus nobles. Elle en fait des chiens. Elle empoisonne l'âme. Et pourtant nous lui rendons honneur comme les fous que nous sommes. Parce que le mal est déjà fait et que nous sommes ceux qui avons survécu. Ceux qui ont mal à l'âme pour toujours, parce qu'ils emportent avec eux celle de leurs ennemis vaincus et ont le devoir de continuer à vivre et à aller de l'avant, sans quoi leur victoire aura été vaine. C'est d'autant plus valable pour nous, Spartiates, qui en portons plus que quiconque. Parce que nous sommes les hommes que les dieux s'obstinent à renvoyer sur le sentier de la guerre. »

Une vision encore une fois plus sage que ce que l'on aurait pu attendre de la part du chef de ce que beaucoup considèrent encore comme une tribu barbare. Être les meilleurs guerriers ne voulait pas nécessairement dire n'être que des brutes écervelées et il en était le parfait exemple. Afin d'être les meilleurs dans l'art de la guerre, il fallait la connaître et la comprendre sous tous ses aspects et pas se contenter de la faire sans aucune technicité. C'était le meilleur moyen de courir à sa propre perte que de négliger le danger que l'on encourt à chaque instant. Léonidas était la guerre faite homme si bien qu'on l'estimait volontiers comme une fierté aux yeux d'Arès en personne mais cela n'en faisait pas un inconscient pour autant. Pour être à la tête d'une nation, il convient d'avoir quelque chose dans la sienne, et Sparte ne faisait pas exception contrairement à la croyance populaire. Mais sous sa couronne ne bouillonnait pas qu'une irrépressible envie de feu, de sang, de bruit et de métal. Son rôle était celui d'être un guide, une lumière pour tout un peuple, et ce n'était pas en les emmenant à la mort qu'il pourrait accomplir cette mission sacrée.

« Nous nous battons pour protéger cette terre. On recherche désespérément la douleur comme si c'était un trésor. Le temps laisse des séquelles, la douleur les creuse et la destruction les rend éternelles, mais nous devons continuer d'avancer, quitte à devenir des marchands de mort. Parce que c'est le seul chemin qui nous mènera jusqu'au ciel. Qui nous sauvera de la folie des hommes, dans leur quête de la puissance, vers la fin de leur monde pourri jusqu'en ses racines... Mais sans savoir pourquoi, j'aime ce monde où nous venons pour mourir. Parce que les dieux nous envient parce que nous sommes mortels, et que tout est beaucoup plus beau parce que nous sommes condamnés. »

Par cette tirade, il ne faisait que corroborer ses précédents propos mais y apportait une note plus optimiste. Penser de la sorte était certes quelque peu fataliste, mais Léonidas était non seulement un homme humble, mais aussi un homme de foi. C'est sans préméditation que bien des années plus tard, il se dresserait contre les dieux et l'avenir qu'ils lui avaient prédit pour ouvrir à son peuple les portes d'un avenir radieux. D'un lendemain meilleur qu'il ne verrait jamais mais pour lequel il allait donner sa vie. Tout à ces paroles, il leva les yeux vers le ciel pour contempler le mirifique bleu azur dont il s'était teinté au fil de son discours malgré l'heure avancée, sans doute d'ores et déjà non loin de s'obscurcir. Mais la seule chose qui allait venir lui faire perdre de son éclat n'était pas la tombée de la nuit mais bien les nuages, aussi sombres que les présages qu'ils amenaient dans leur sillage. Il faisait trop beau pour que ça puisse durer, car Sparte ne peut vivre que sous le voile pourpre que les flots de sang versés par ses ennemis tombés tissent chaque jour un peu plus. D'un rouge aussi pur que pouvait l'être celui de la cape que Léonidas emportait partout avec lui pour ne jamais oublier le réel enjeu de ces combats qui semblent ne pouvoir connaître de fin que le jour où la sienne viendra frapper à sa porte.

Un destrier surgit de l'étendue sylvestre, un messager porteur de mauvaises nouvelles à son bord. Léonidas n'affecta même pas d'être surpris, il avait entendu de loin le bruit des sabots ainsi que des feuilles qui se froissent sous le poids d'une fatalité qui approche à grands pas. Ses hommes savaient combien ces moments de tranquillité lui étaient chers, et aucun n'aurait osé la briser s'il n'avait eu une bonne raison de le faire. Trois lui firent suite, et aucun ne dépareilla de la mine grave qu'avait affichée le premier. Impossible d'en douter, ils avaient leurs propres raisons de venir le déranger, et s'il semblait désormais manifeste qu'il ne pourrait y couper, du moins voulait-il connaître le motif de cette visite impromptue. Dès lors qu'ils étaient apparus dans la clairière où ils avaient pu trouver refuge, Alceste avait pu sentir l'atmosphère changer autour du monarque pour ne plus exhaler que la rigueur martiale sous sa forme la plus pure. La sympathie qu'il avait pour elle l'instant d'avant semblait s'être volatilisée au profit de ce moment solennel, son corps qui pourtant de prime abord semblait sculpté pour être agréable à l'oeil paraissant avoir redoublé de volume tant sa présence s'était accrue. Et désormais, il projetait une ombre véritablement royale.

« Par les sandales d'Hermès ! » s'exclama Léonidas. « N'aurons-nous donc jamais la paix ? Faites préparer un conseil de guerre. Je sais quoi faire, mais ces vieux cinglés ne me laisseront pas faire si je n'ai pas la bienséance de poser mon cul sur une chaise au préalable pour leur en donner tous les détails. Apprêtez aussi de quoi les recevoir. Je ne voudrais pas qu'ils puissent émettre le moindre doute sur l'hospitalité spartiate. »

Le ton était donné. Il n'était ici nullement question de les accueillir à bras ouverts. Les catapultes devraient se tenir prêtes et les archers se tiendraient en haut des remparts afin de pouvoir cribler de leurs flèches quiconque entrerait dans la vaste plaine défrichée qui bordait les murs de la cité. Si Sparte était réputée imprenable, ce n'était pas pour rien et ils auraient tôt fait de le réaliser s'ils ne se rendaient pas compte en cours de route que seule la mort les attendait au bout du chemin. Mais il fallait avant tout consulter ceux avec qui il travaillait de concert, ces vieillards décatis qui tenaient la bride du cheval fou qu'il devait être à leurs yeux. Même s'il était dorénavant dans la fleur de l'âge, la plupart d'entre eux étaient deux fois plus vieux que lui et si frileux que l'on aurait pu remettre en doute leurs origines. Et s'il parvenait généralement à leur faire entendre raison au moyen de cette impressionnante force de persuasion qui le caractérisait, ce n'était qu'au terme d'un débat houleux qui bien souvent s'éternisait sur plusieurs heures.

La situation avait cela de bon que l'urgence était de mise et qu'ils ne pourraient donc pas le retenir indéfiniment à moins de vouloir voir ces intrus passer au-dessus des murailles pour les remercier personnellement de leur procrastination. Mais toujours est-il que l'adolescente avait ainsi pu le voir sous son « vrai jour » - à moins que ce ne soit justement le premier visage qu'il lui avait montré, si doux et avenant ? Lui seul aurait pu répondre à cette question, et jamais il ne le ferait en présence de ses généraux. L'espace d'un instant, avant que les chevaux n'aient interrompu leur folle cavalcade, elle avait pu voir une lueur désolée luire dans son regard qui n'était destinée qu'à elle. Ce n'était pas le moment, mais qu'y pouvait-il ? La folie des hommes n'attend pas, et il lui fallait dès à présent briser les ambitions de ceux qui étaient venus prétendre arracher la garde de Sparte à son ange gardien – un ange aux ailes de sang, à qui les dieux ont donné la force et toute la témérité qu'il faut pour l'exploiter. Un ange aussi noir que le jais qui compose son regard.

« Toi, laisse-moi ton cheval. Je vous rejoins aussi vite que possible. J'ai encore deux ou trois petites choses à régler, mais je ne serai pas long. »

S'il avait tout d'abord pensé monter en selle avec l'un d'entre eux sans plus se poser de questions, il  n'était pas question d'abandonner la jeune fille à son sort sans même un mot d'au revoir. Or, il se voyait mal discourir avec elle comme il l'avait fait jusqu'alors en présence de ses subalternes. Même si des regards interrogatifs furent échangés, aucun d'eux ne pipa mot, et celui qu'il avait désigné lui céda sa monture en rejoignant l'un de ses camarades sur la sienne. Sitôt après qu'il leur eut donné un signe de tête approbatif, tous s'en furent soit vers le palais, soit vers les baraquements pour que ses directives soient mises en oeuvre dans les plus brefs délais. Saisissant le cheval par la bride, il se retourna vers la demoiselle qui lui tenait compagnie. Il ne s'était pas attendu à devoir clôturer si brusquement cette discussion, pas plus qu'il n'aurait pu prévoir qu'elle prendrait une tournure si intéressante, mais l'appel du devoir était le plus fort. Il le fallait pour le bien du plus grand nombre. Il posa genou en terre pour se mettre à sa hauteur.

« Tu dois t'en douter mais je vais devoir te laisser. Ce n'est pas de gaieté de coeur, mais comme tu as pu l'entendre ils ne peuvent pas se passer de moi. Je compte sur toi pour ne pas causer trop de soucis à ta mère. Et s'il faut pour ça te promettre que tu ne devras épouser personne, et bien... Je te donne ma parole. Je n'ai pas le temps de te signer un papier officiel, mais je pense que tu sauras te débrouiller pour la convaincre que c'est vrai sans en avoir besoin. Et si tu te demandes pourquoi je te fais ce cadeau, tu n'as qu'à te dire que c'est parce que je pense que ce n'est pas parce que le soleil se lève tous les jours de la même manière que nous devons en faire de même. Je t'offre ta liberté au sens où tu l'entends. À toi de voir ce que tu en feras. »

Il ne désespérait pas de la voir reconsidérer sa position avant de franchir le pas qui la ferait entrer dans la spirale infernale des batailles qu'il disputait pratiquement depuis qu'il était en âge de tenir debout. En un sens, c'était à se demander s'il n'aurait pas préféré lui céder sa place pour bénéficier d'une vie de confort. Mais malgré toutes ses belles paroles, Léonidas ne pouvait pas se passer bien longtemps d'un combat âpre à disputer. Car il n'y avait qu'ainsi qu'il se sentait en vie, qu'ainsi qu'il pouvait donner un sens à son existence. Toujours était-il qu'il l'exemptait de cette corvée qui, selon elle, aurait gâché sa vie. On pouvait y voir une expérience de sa part afin de voir ce qu'elle allait en faire. Comment elle allait la consumer. Un pari risqué, mais le caractère bien trempé qu'il avait eu le temps d'entrapercevoir la mettait dans de bonnes dispositions pour tirer son épingle de ce jeu périlleux.

Sa génitrice n'apprécierait certainement pas de devoir annuler à la dernière minute les préparatifs d'une alliance prévue de longue date, mais aurait sans doute tôt fait de plier l'échine face à un décret royal. C'était capricieux de sa part, mais nul n'est parfait et encore moins ceux qui ont assez de pouvoir pour que ça se remarque. On avait connu bien pire en terme d'abus de pouvoir et il doutait fort que qui que ce soit se fasse fort de le réprimander pour avoir permis à une fillette à peine en âge de découvrir le monde et d'en observer les merveilles de vivre sa vie. À elle de faire en sorte que ce privilège soit maquillé habilement si elle ne voulait pas faire l'objet de toute la jalousie des filles de son âge qui, elles, n'auraient pas cette chance. Ce n'était qu'une rencontre fortuite mais elle allait pourtant changer tant de choses... Tandis qu'il se redressait et enfourchait son palefroi, il lui décocha un sourire chaleureux.

« Et si elle ne te crois pas, tu n'as qu'à lui dire que je t'ai autorisée à rester libre pour moi au cas où ma femme partirait avant moi. Ça ne risque pas à force d'arpenter les champs de bataille, mais qui sait ? Je ne compte pas rester seul si ça devait arriver. Comme ça, si tu changes d'avis, tu sais à quoi t'en tenir. À moins que tu ne voies un inconvénient à épouser un roi ? » lui dit-il sur le ton de la dérision.
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Isis no rê
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MessageSujet: Re: [A-45 ]The Past we've lost can't get back (Omg ce titre quoi...)   Jeu 22 Aoû - 2:48


    L'épais voile de poussière se soulevait au loin dans l'horizon d'un soleil à son Zénith, soulevant avec lui le songe d'une nuit souveraine au lendemain glorieux mais aux nuances d'un rouge pourpre, à la couleur du sang et de la guerre, de la passion et de Sparte. Les bras croisés sur une poitrine palpitante couverte d'une toile écrue légère mais tâchée, la fillette versait dans un silence précieux et religieux ses paroles absentes faites d'or; des pensées pesantes allant et partant de son esprit comme un courant d'air, chauffant parfois ses ardeurs en les transformant en un simple poing se serrant dans une main moite, ardente et désireuse d'aller se lancer à la rencontre d'une résistance physique. Les mots prononcés par le roi raisonnaient dans l'esprit de la jeune femme avec clarté et puissance, néanmoins, elle n'était pas tout à fait d'accord sur un détail, La Guerre ne rend pas les hommes plus nobles ... Mais loyale et Téméraire. C'est en apprenant à repousser la peur, à se surpasser que l'on en vient à aimer ceux qui nous ont façonnés. C'est cela qui nous pousse à préserver les traditions, à devenir patriotique, ce qui permet aux ailes de la justice de pousser dans le cœur gonflé d'orgueil des hommes. Rêveuse, les idées s'éclaircissant, la jeune fille lorgna le seigneur Léonidas d'un regard qui en disait long sur ses façons de penser qui étaient clairement différentes des siennes, mais au fond qu'importaient leurs motivations et leur conception du monde tant qu'il eusse protégé et aimer leur patrie plus que tout au monde?

    Droite, la tête légèrement levée de façon noble malgré la pâleur fendante de son visage exprimant une surprise profonde, Alceste observait tour à tour chacun des hommes de la cité intervenir auprès de leur souverain, mêlant respect, tact, courtoisie et obéissance à la vue du roi pour lesquels ils avaient voyagé depuis le cœur de leur cité-mère. Fièrement dévouée à ses comparses lanciers, la jeune fille plia légèrement l'échine en observant de ses yeux écarquillés, surprise, son roi qui avait semblait-il changé légèrement en l'espace de quelques secondes. La main sur la poignée du javelot se desserra instantanément, fébrile, faisant osciller l'arme tandis que le palpitant de la jeune fille semblait avoir manqué un battement ; elle ne semblait plus reconnaître l'homme à qui elle s'était confiée, certainement par l'aura charismatique qui se dégageait de son corps. Sa posture, ses mots, son ton de voix et ses manières étaient totalement différents, laissant la jeune fille en proie à une sensation de vertige lorsqu'il décida de parler au nom du roi qu'il était et non point d'un homme simple, se mettant sur le même pied d'égalité d'un des nombreux citoyens de la cité. Il n'y avait plus chez cette personne le coté pédagogue, doux et patient qui le caractérisait quelques secondes plus tôt, mais un roi craint, adulé, franc et terriblement... Excitant. À ce moment précis alors que la personnalité de Léonidas semblait reprendre sa terrible nature forte et guerrière, Alceste comprit qu'il n'avait jamais été question de la concilier où mêler l'esprit guerrier à celui d'un monarque serein et plein de sagesse ; bien souvent la sagesse n'étant qu'un mot imposteur, les gestes et les évènements valant tellement mieux que de simples palabres, elle remercia secrètement les dieux de l'Olympe en priant pour qu'elle n'ait plus à avoir la personnalité enseignante de Léonidas, car ce qu'elle cherchait n'était point sa sympathie, mais sa compagnie et sa lance afin de la brandir la sienne à ses côtés.

    À ces pensées, la jeune fille resserra les dents dans sa mâchoire en prenant un air plus déterminé que jamais, elle ficha sa lance dans le sol d'un coup sec, ses deux mains effleurant sa taille, les laissant retomber le long de son corps pendant qu'elle examinait la situation en se disant que le roi devait déjà se faire tout un système de parade et de ripostes pour répondre à l'envahisseur. Elle ne pouvait ni l'aider pour cette fois ni faire grand chose afin de le servir, ses pensées étant encore dirigées vers sa maternelle et son toit dans l'espoir qu'elle n'ait pas à les rejoindre d'aussi tôt. Malheureusement à en croire le regard désolé du souverain de la ville, elle n'était pas au bout de ses peines ; À moins que ce ne soit un regard tenant à l'excuse de ne point pouvoir poursuivre leur conversation, quoi qu'il en soit la jeune fille leva un sourcil comme légèrement interloquée par cette lueur espiègle naissante dans le regard de son souverain. Ne sachant pas ce qu'elle devait faire sur le moment, elle déglutissait assez bruyamment, gênée par son regard et l'attention qu'il lui portait, mettant sa parole à l'épreuve même de ses convictions.

    Toute une palette d'émotions se bousculait dans son esprit, passant de la gêne au grand bouleversement. Pour une si petite personne, à quoi cela servait qu'un roi lui apporte autant d'attention ? Et surtout, lui promet de changer son destin afin qu'elle puisse jouir d'une vie telle qu'elle en désirait ? C'était à ne plus rien à comprendre pour la jeune fille qui n'éprouvait plus qu'à cet instant une immense joie, submergeant totalement son esprit et son corps, ne devenant plus que son propre fantôme où le reflet de ses fantasmes, ses pensées déjà bien dirigées vers le rêve d'un futur prometteur d'une guerrière farouche, féroce comme il n'en a encore jamais existé à Spartes. Ses joues légèrement empourprées après ce bouleversement, ravagé par une vague à l'âme de joie et une envie soudaine de sauter partout en criant afin d'exprimer sa joie, elle du se ravir en adoptant une allure plus digne que la simple fillette qu'elle était, raffermissant sa poigne sur son arme. Dévorant littéralement son roi d'un regard qui en disait long sur son adoration, reflétant toute la loyauté, la fidélité et l'amour qu'une enfant pouvait porter à son père, ses sentiments étant plus profonds, baignant dans le respect et la promesse étouffée d'une foi et d'un cœur ne battant désormais plus que pour cette même personne.

    Ainsi donc la bataille pour son destin venait de s'achever, il ne lui aurait fallu pas plus de larmes ni de sang à verser pour obtenir le rêve de toute son enfance ? Le plus lourd pour elle ne serait pas de garder le silence, mais d'apporter la nouvelle à sa maternelle en qui cette dernière en la mettant au monde, avait fondé tous les espoirs d'héritage et de tradition dans un écrin de vie que Alceste aurait dû soumettre à sa propre progéniture. Tout ce pourquoi elle était là, créer d'une union officielle allait être supprimé et voué au néant chaotique d'une servitude éternelle et c'est à cela qu'Alceste pensait au moment précis ou son libérateur du destin prenait son destrier en main comme il venait de le faire avec l'avenir de la jeune femme. Ses prunelles toujours parcourues d'étoiles brillantes au rythme d'un rêve bien réel, elle laissa aller un soupir en promenant son regard le long du torse charnu, musclé de l'homme en se demandant ce que lui aurait dit à sa maternelle dans une telle situation. Sans doute y avait-il pensé plus tôt, car au moment ou ses iris effleurait celles du monarque, ce dernier sortit une ultime parole qui fit ouvrir la bouche de la jeune fille sans qu'elle n'en dise mot.

    Cela dura une bonne poignée de seconde au cours desquels la jeune femme lâcha complètement son arme sans s'en rendre compte, son attention totalement tournée vers Léonidas, son corps se tendant et gonflant au rythme d'une respiration écourtée subissant une sorte de choc qui lui empourpra bien plus le visage, camouflant ses taches de rousseur sous le voile écarlate de l'embarras. Aucun son ne sortit de ses lèvres et tant bien même son esprit protestait à ce que son corps ne réagisse à cette offre de serait-ce que par l'éducation que ce dernier eut reçue, il n'en fut rien. Rapidement cependant la jeune femme cligna plusieurs fois des yeux pour y chasser de légères perles humides s'étant installées au creux de ses paupières fragiles, fermant enfin ses lèvres séchées en y passant une langue fine pour l'y humecter pour prendre la parole... Mais que dire dans ce genre de situation ? Aucun mot ne semblait sortir du fil de ses pensées entremêlées, pour ainsi dire, son esprit dans ce genre de situation avait du mal à s'éclaircir et aussi rapidement eut-elle fait le point sur ce qu'elle devait dire, une autre pensée l'affectait : la situation était bien trop urgente pour le roi pour qu'elle se permettre de prendre le temps de réfléchir à ce qu'elle devait déclarer ou dire.

    Naturellement, elle soupira en mouvant sa tête de haut en bas pour acquiescer les paroles de son roi, décidément, elle avait tout à gagner à être une guerrière digne de ce nom ! Le rang, la loyauté, l'amour de la patrie, une place de protectrice de Spartes ainsi qu'au meilleur des cas, un peu être future roi, pas n'importe lequel, le roi de Spartes comme époux...

    " - La Situation aurait pu être pire je pense. "

    Fronçant les sourcils, elle se baissait pour se saisir de la lance royale entre ses doigts fins et se rapprocher à pas de velours du roi, un léger sourire fendant ornant son visage dégagé rendu moins pourpre depuis peu. Se rapprochant de son roi, son corps gracile effleurant le poitrail de l'animal qui le portait, elle vint doucement s'installer sur la droite du flan de la bête, sa main caressant la peau et le cuir chaud de la bête, elle la laissa quelques secondes s'étendre sur le garrot. Ses pupilles d'émeraude étrangement éclairées par un reflet de lucidité, elle chercha le regard du souverain, lui murmura dans un souffle :

    " - Je serais à la hauteur de vos attentes. Ma loyauté envers vous n'aura de limite que ma détermination et mon adoration, par-delà la mort même si je le puis. Je m'y engage pour tout ce dont vous venez de faire, aussi longtemps que je vivrai, mon roi. "

    La lueur dans ses prunelles brillait d'un feu passionnel rarement si intense, il n'y avait aucun mot prononcé à la légère et tandis qu'elle glissait doucement sa main le long du garrot de l'animal, elle tourna son visage vers le village ; il était grand temps pour Alceste roi de laisser Léonidas à ses devoirs pour faire face aux siens, d'autant plus qu'il avait déjà assez perdu de temps.

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Leonidas
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MessageSujet: Re: [A-45 ]The Past we've lost can't get back (Omg ce titre quoi...)   Ven 13 Sep - 7:19


Léonidas ignorait ce qui l'avait poussé à prononcer ces paroles, mais une chose était sûre : il n'en avait aucun regret. Il avait toujours eu un profond respect pour les femmes, en particulier celles de Sparte. Et cette petite fille qu'il venait bien malgré lui de prendre sous son aile n'était-elle pas une femme en devenir ?  Lui-même, s'il était né femme, n'aurait-il pas eu l'étoffe d'un roi ? Il aurait été qui il était, et ce même si ses droits auraient été bien plus bafoués en de nombreuses contrées que ce n'était le cas pour un homme. C'était là la seule chose qui distingue la gent masculine de la gent féminine à son sens, et il entendait changer cela. Mentalité peu courante pour l'époque, mais le Roi de Sparte prônait l'égalité et le respect à leur égard – car si un homme peut engendrer, il ne le peut sans femme pour porter son enfant et le mettre au monde. Ainsi pouvait-on les glorifier autant que leurs époux pour avoir su doter la cité rayonnante d'une telle puissance militaire.

Au même titre que les hommes, elles avaient bâti sa ville telle qu'elle était à ce jour et il estimait leur devoir le port de la couronne autant qu'à ceux qui partageaient leurs foyers. Dès lors, il ne voyait pas de quel droit il faudrait les obliger à vivre une vie dont elles n'avaient pas voulu, sans quoi il n'y aurait à son sens pas de raison à ce que ses soldats ne connaissent point le même sort. Et pour les mener depuis déjà de nombreuses années, il doutait fort que les braves qui se battaient sous ses ordres apprécient l'idée qu'on leur dise qui épouser. L'affaire était donc entendue et le problème régler, même si créer un tel précédent risquait fort d'engendrer quelques difficultés. Fort heureusement, rien qu'il ne puisse surmonter. Après tout, comme une nouvelle règle peut-elle voir le jour si jamais personne ne décide de l'établir ?

Qu'il l'ait fait de la sorte sur un coup de tête risquait de ne pas plaire à tout le monde et même d'être vu d'un mauvais oeil, mais il n'en avait cure. Il avait vu en cette enfant un fort potentiel et avait choisi de s'en porter garant, même si cela devait mettre en jeu sa légitimité et celle de son raisonnement. Elle ne le décevrait pas, il en était persuadé, et le héros en devenir pouvait se targuer d'avoir un sens aigu du discernement. Il faut parfois savoir briser les traditions pour instaurer une nouvelle ère, et il escomptait en apporter la preuve. Certes, ce n'était peut-être pas la façon la plus judicieuse de le faire, mais au moins aurait-il fait le premier pas sur le sentier de la révolution qu'il allait mener dans le coeur des spartiates. Il faut bien commencer quelque part, ne dit-on pas ? Son premier mouvement serait donc celui-là. Le premier d'une longue série, était-il en droit d'espérer.

« Je suppose que rien ne te fera changer d'avis. Je ne m'en plaindrai pas, il est plaisant de savoir que j'ai sous mes ordres des soldats déterminés. C'est une qualité que j'apprécie et c'est pourquoi je rends hommage à ton audace et à ta persévérance. Tâche de ne pas les perdre car tu en auras grand besoin pour aller au bout de tes ambitions. Tu es une femme dans un monde d'homme, il te faudra les battre sur leur propre terrain si tu veux gagner leur respect et leur confiance. Et je pense que je n'ai pas besoin de te dire que certains risquent de ne pas aimer se faire battre par une fille. Ne le perds pas de vue si tu veux réellement te faire une place dans nos rangs. »

Il avait confiance en elle comme en ses hommes. Il savait qu'elle ne trahirait pas cette confiance et ferait tout pour l'honorer et qu'il en soit récompensé. Une mentalité qu'il aimait retrouver au coeur de sa cité, même s'il ne se serait certainement pas attendu à la dénoter chez une petite demoiselle tout juste en âge de saigner. Voir ce qu'elle pouvait devenir l'intriguait. Ce n'était pas une curiosité malsaine comme on peut en voir parfois, mais un intérêt sincère pour la manière qu'elle aurait de prendre son destin en main maintenant qu'il l'avait délivrée de celui qu'on lui aurait sans son aide imposé dès demain. Tout ce qu'il avait fait était de lui offrir le droit de tenter sa chance... Qu'elle gagne ou qu'elle perde ne  dépendait plus de lui même s'il prendrait grand plaisir à la voir emporter une victoire écrasante contre le cours des choses.

Ce n'était pas tous les jours que l'on pouvait voir une femme se distinguer parmi les guerriers et il ne demandait qu'à voir ce que cela pouvait donner alors qu'il lui en donnait l'opportunité. Ce qui pour elle devait paraître comme un cadeau tombé du ciel était de son point de vue une expérience des plus enrichissantes dont il guetterait l'issue avec le plus grand intérêt. Loin de la décourager, avoir assisté à ce tête à tête avec ses généraux l'avait apparemment émoustillée encore plus. La vie de soudard n'avait pourtant pas grand chose d'enviable, mais la tension qui en résultait semblait la griser plus qu'aucun combattant ne saurait l'imaginer. Si cette exception arbitraire devait porter ses fruits et que cet attrait particulier continuait d'exister une fois qu'elle aurait goûter aux horreurs de la guerre, alors elle n'en serait que plus prompte à tuer ceux qui se dresseraient devant elle. Ce qu'il ne pouvait qu'approuver.

« Si j'avais su qu'il suffisait de ça pour te réjouir, je l'aurais fait plus tôt ! Tu as un très joli sourire. Tâche de ne pas le perdre. Puisque tu ne vois aucun inconvénient à m'appartenir, il est mien lui aussi et je ne voudrais pas qu'il lui arrive malheur. Compris ? C'est tout ce que je te demanderai en retour. J'estime que pour ce que tu y gagnes, ce n'est pas cher payé. »

Léonidas se redressa de toute sa hauteur, laissant le soin à sa protégée de contempler une dernière fois sa stature digne d'un roi. Bien que plongée dans son ombre, elle devait pouvoir y voir un éclat à nul autre pareil, celui qui ferait de lui le fer de lance de la lutte contre Xerxès bien des années plus tard – aussi celui qui causerait sa perte, mais avec plus d'honneur et de panache que n'en aurait pu espérer n'importe quel fou se ruerait au-devant d'une armée de plusieurs millions d'hommes avec seulement trois-cents soldats. Peut-être était-ce ce qui faisait son charme, peut-être était-ce là ce pourquoi il l'avait séduite à tout point de vue. Les doigts de sa main libre effleurèrent la joue de la jeune fille avec assez de subtilité pour causer un frisson électrisant, bien que l'usure s'y fasse sentir à force de manier toutes sortes d'armes à longueur de journée. De l'autre, il éleva à portée de vue la lance qu'il lui avait soutiré un peu plus tôt.

« Oh, et ne t'inquiète pas pour elle. Je te promets d'en prendre soin et de lui faire honneur. Je te la ramènerai couverte du sang de nos ennemis, puisque c'est ce pourquoi tu l'as assemblée. Ainsi, tu pourras juger de son efficacité entre les mains d'un soldat expérimenté. De ce que tu pourras faire toi-même après t'être durement entraînée. En attendant, je préfère la garder. Mais peut-être veux-tu y accrocher un bout de tissu pour me... Non, pour lui porter chance et que le monde sache qu'elle est ta propriété ? »

En un éclair, Léonidas fut sur son cheval, prêt à partir. Il n'avait déjà que trop tardé et il était temps pour lui de rejoindre ceux qui l'avaient précédé avant qu'ils ne commencent à s'inquiéter. L'ennemi était à leurs portes et son pas serait pressé, mais pas avant qu'il ne l'ait une dernière fois entendue répliquer.
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